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 élévation

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Parcours initiatique Philosophico-Spirituel à travers mes rencontres et lectures liées au paranormal et à l'ésotérisme.


Le billet d'humeur spirituelle de Jocelyne Chemier-Mishkin

Publié par Jocelyne Chemier-Mishkin sur 19 Juillet 2015, 09:08am

Catégories : #Auteurs-Journalistes, #Spiritualité

Chroniques mensuelles de Jocelyne Chemier-Mishkin
Journaliste et auteure franco-américaine

Juin 2017:
(Chronique écrite quatre jours avant l'attentat à Londres de ce 3 juin)

« Les relations entre personnes sont nécessairement des relations qui engagent : si on ne s’engage pas, on ne voit rien ; si on ne s’engage pas, on ne connaît rien. »
Maurice Zundel
(1897-1975. Prêtre suisse, philosophe et mystique)

Dimanche 21 mai, au journal télévisé du 20 heures, un reportage montre la guerre au Soudan. Des millions d’hommes, de femmes mais surtout d’enfants, se meurent dans ce pays en guerre où la restriction alimentaire est utilisée comme arme de destruction. L’UNICEF prédit pour cette année que, sur les 22 millions d’enfants menacés par les conflits et par les maladies, au Soudan, en Somalie, au Yémen et au Nigéria, 1 million 4 d’entre eux risquent de mourir de faim. Ces chiffres mortels sont tellement vertigineux en ce troisième millénaire qu’ils nous paraissent irréels, hors de portée de nos compréhensions. Et pourtant, la réalité crue et déchirante s’invite bien à notre table.
Le reportage se termine sur l’image d’un petit garçon aux yeux noirs exorbités s’échappant d’un corps décharné. Il est sûrement mort quand est diffusé cette image.
Face à cette monstruosité, tout s’écartèle en moi, tout éclate. J’ai honte jusqu’à la racine de moi-même de ma passivité, de ma résignation devant cette tragédie de la « faim dans le monde », devenue une chronique ordinaire des actualités. Je m’absorbe dans mon assiette pour fuir ma conscience.

Lundi 22 mai, le lendemain, à ce même journal télévisé, les images de la tragédie de Manchester en Angleterre défilent en rafale sur les écrans de télé. L’attentat a fait vingt-deux morts. Le visage de la petite Saffie-Rose, 8 ans, tuée dans cette horreur, fait le tour de tous les médias du monde. Nous sommes horrifiés, en révolte devant cette autre absurdité humaine à laquelle, celle-ci, nous ne sommes pas encore trop habitués. Nous nous investiguons contre Daesh et les extrémistes musulmans, contre Dieu et diable… et nous continuons notre repas malgré tout, à bout d’arguments. La vie doit bien continuer, n’est-ce-pas ?

Dans les années 70, avec « Bangladesh », John Baez lance un appel musical pathétique contre la famine sévissant alors dans ce beau pays, tandis que John Lennon nous lance un défi avec Imagine…A leur suite, je rêve de construire un autre monde et choisis le journalisme « imaginant » (c’est bien le mot !) que l’information pourrait aider à l’améliorer.
40 ans plus tard, ce sont près de cinq millions d’enfants qui meurent chaque année de la faim. Tous les plus grands reportages de CNN ou d’ailleurs n’y ont rien fait. Mon métier de journaliste m’a prouvé qu’informer sur un sujet sensible ne sert pas à grand-chose si ce n’est qu’à forger notre mauvaise conscience, très vite engloutie d’ailleurs dans des flots d’informations de plus en plus superficielles.

Quant aux attentats terroristes, il faut, nous-dit-on, « continuer à vivre malgré tout pour ne pas céder aux diktats des extrémistes »…Certes, certes… mais ces postures proches d’une espèce de fatalisme, sont-elles suffisantes voire appropriées ?

L’engagement dans des associations caritatives, (confessionnelles ou non) est un « geste » utile que nous pouvons poser pour lutter contre la faim dans le monde.
De l’Unicef à Action contre la faim en passant par les Sœurs de la Charité de Mère Térésa, l’Association de Père Ceyrac, celle de Mère Emmanuelle, et tant d’autres engagées sur le terrain…nous pouvons par notre soutien financier et mieux, par notre engagement réel, apporter notre pierre à l’édifice d’un monde plus humain. La politique est certes souvent responsable de tant de misères mais face à l’urgence, il faut agir immédiatement. Yes, we can ! Oui, nous le pouvons !
Le pire est de se résigner. Le pire est de faire de l’actualité du journal de 20 heures, notre pain empoisonné quotidien en nous disant que « c’est comme ça », « qu’il faut vivre avec ». L’enfance qui crève de faim en direct sur nos écrans ne doit jamais se banaliser avec le business médiatique. L’information est bonne si elle nous fait bouger, réagir, sortir de nous-mêmes, aller vers l’autre.

L’attentat de Manchester est une tragédie d’un autre ordre mais il s’agit encore d’enfants sauvagement assassinés. Allons-nous également nous habituer à ces images en nous disant que nous ne pouvons rien faire, là encore, et continuer à vivre, comme avant, normalement, comme si de rien n’était, pour montrer aux terroristes que nous sommes plus forts qu’eux ? Oui… peut-être…mais cela n’est pas non plus suffisant.

Regardez les programmes télévisés diffusés en début de soirée sur nos grandes chaînes, les films donnés dans nos salles de cinéma, les programmes de jeux vidéo… Que voyons-nous à dose massive ? De la violence, et encore plus de violence qu’elle soit physique, mentale, émotionnelle ou psychique. Comment s’étonner alors que nos jeunes en recherche de repères (le kamikaze de Manchester avait 22 ans) soient attirés voire fascinés, même inconsciemment, par les armes, la guerre, la haine, les relations conflictuelles, bref ! par ce qui « s’appelle un chat, un chat », c’est-à-dire par le « mal » ? Balayons déjà devant notre propre porte avant d’accuser les autres de nos propres maux !
Non ! Je ne suis pas « réac » en écrivant cela ! Je témoigne d’années d’expérience journalistique sur le terrain de la vie qui me permet de dire que le pouvoir de l’information en est vraiment un s’il nous fait décoller de notre journal ou de notre télévision, s’il nous met en réaction, s’il nous fait échapper à la passivité mortifère du redoutable : « C’est la vie ! »

Alors, pour que les enfants victimes du terrorisme ne deviennent plus un banal sujet de reportage, agissons, à notre niveau, en refusant cette culture de la violence qui envahit de plus en plus nos vies et manipule effroyablement notre jeunesse. Imagine !
Alors, pour aider à ce que moins d’enfants ne meurent de faim dans le monde, soutenons nos associations, nos grandes instances internationales… dans leurs actions humanitaires pour construire un monde digne de ce nom. Imagine !

Et toi, petit enfant soudanais filmé pour ce reportage sur la famine, quel était ton prénom ? Tu aurais tellement mérité, toi aussi, que ton nom soit crié à la face de tous les médias à la face du monde.

Jocelyne Chemier-Mishkin, juin 2017
(Chronique écrite quatre jours avant l'attentat de Londres de ce 3 juin)

Mai 2017:

« Le secret de la vie, c’est de l’accepter. Discutez-la tant que vous voudrez, mais d’abord, acceptez-la. »
Katherine Mansfield
(1888-1923. De son vrai nom Kathleen Beauchamp, écrivaine et poétesse britannique d’origine néo-zélandaise)

Il y a fort longtemps que j’ai recopié cette parole dans mon classeur noir qui recueille minutieusement toutes mes notes de lecture depuis que ma quête intérieure me poursuit.
Je devais avoir une vingtaine d’années quand j’ai été interpellée par cette injonction lancée comme dans l’urgence. Je n’ai pas cherché à découvrir qui était cette auteure mais j’ai su immédiatement qu’elle avait raison.
Pourtant, je ne savais que très peu de choses de la vie. Je n’avais pas encore connu le chagrin de voir s’envoler les êtres aimés, je ne connaissais pas encore l’angoisse de retrouver du travail, je n’avais pas encore fait de mauvais casting dans le choix de mes amis ou de mes amours, je n’avais pas encore été éprouvée par la maladie, je n’avais pas encore été trahie par ceux en qui j’avais mis toute ma confiance, je ne m’étais pas encore assez révoltée contre les injustices de notre monde, bref « je n’étais pas encore ».
Malgré tout, je savais d’intuition qu’il fallait accepter la vie, non pas, bien entendu comme une fatalité ou comme une pseudo-imposition divine, mais, au contraire, comme un chemin quasi initiatique dont je ne connaissais pas l’itinéraire mais dont je pouvais assurer qu’il me mènerait à ma bonne destination.
A ce jour, je ne suis pas encore arrivée et je continue à me poser tous les pourquoi et les comment du monde sur ce qui m’arrive ou ne m’arrive pas d’ailleurs. Pour la majorité des croyants, Dieu est aux manettes : « Dieu donne à la mesure de que l’on peut supporter ! ». Mais, de quel « Dieu » parlons-nous ?! Cela évoque le karma des religions indiennes : j’ai ce que je mérite et je dois supporter ce qui m’arrive pour expier mes fautes antérieures. Pourquoi pas, après tout ? En soi, l’idée est bonne, « juste », mais est-ce vraiment le sens de la parole de Katherine Mansfield qui ne s’embarrassait ni de Dieu ni de Bouddha ? Je ne pense pas.
Accepter sa vie (même en la discutant !) ne reviendrait-il pas plutôt à accepter que ma vie ne soit pas tout à fait celle que je m’étais tracée et qu’elle se construit avec des créatures humaines, animales, environnementales…que je choisis ou pas ? Accepter ma vie, n’est-ce pas finalement accepter de ne pas être maître de ma vie mais de faire de sa vie, un maître, mon maître. Je m’explique : chaque épreuve ou chaque joie, porte en soi, (si nous le voulons bien), un enseignement, qui peut se révéler être un fabuleux processus de libération intérieure. Le mystique et guérisseur spirituel Maître Philippe allait même jusqu’à dire que nous bénirions nos épreuves si nous en connaissions les raisons. Vies antérieures donc, de nouveau, karma ? L’essentiel n’est pas là, n’est plus là. Il réside bien plutôt dans l’idée que je peux faire de ma vie et de tout ce qui la compose de bon, de beau, de mauvais, de laid, « matière » à grandir, à me redécouvrir. « J’ai pris de la boue et j’en ai fait de l’or » assurerait Baudelaire.
Et Dieu dans tout cela ? Dieu EST Amour et nous sommes sur ce plan physique et matériel pour une seule et unique raison : « Apprendre à aimer » c’est-à-dire apprendre à réintégrer notre vraie nature céleste et éternelle. Dieu est toujours là, toujours déjà là, même si nous ne voulons pas l’admettre, même si nous ne pouvons Le sentir. Dieu Amour EST là ici et maintenant. Notre Source, notre Origine.
Pour compléter l’inspiration si forte de Katherine Mansfield, voici cette puissante prière du poète indien Rabindranath Tagore qui souligne qu’il n’y a pas d’autre issue que d’accepter sa vie, - garantie même de notre liberté divine fondamentale -, mais que, malgré tout, heureusement, nous ne sommes jamais seuls. Jamais, pour toujours.

Que je prie, non pour être préservé(e) des dangers,
mais pour les regarder en face.
Et que je ne demande point l’apaisement de ma souffrance,
mais le cœur qu’il me faut pour la surmonter.
Que je ne m’attende point à des alliés, sur le champ de bataille de la vie,
mais à ma propre force.
Que je n’implore point avec crainte pour être sauvé(e),

mais que j’aie foi en la patience pour conquérir ma liberté.
Accorde-moi de n’être pas ingrat(e),
sachant qu’à Ta seule miséricorde, je dois mes succès :
mais si je succombe, que l’étreinte de Ta main me secoure.

Jocelyne Chemier-Mishkin, mai 2017

Avril 2017:

« Vous ne donnez que peu lorsque vous donnez vos biens. C’est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez réellement. »
Khalil Gibran 
(1883-1931. Peintre et poète libanais, auteur notamment du recueil «Le Prophète»)

Sur le trottoir, de longues heures durant, il est assis par terre sur un vieux carton, casquette NYC usée, enfoncée sur le front. Ses cheveux trop longs soulignent son visage émacié. Il flotte dans des vêtements trop grands pour lui. Pourtant, ses yeux, d’un bleu profond, interpellent immédiatement par leur intelligence. Le regard est droit, sans détour, pénétrant. Sa diction, un peu cabossée par des années de manche, et puis, peut-être aussi, par un peu trop d’alcool consommé quand le poids de la solitude devient plus lourd que celui de la vie. Les doigts de ses mains sont recroquevillés comme ceux des lépreux. La maladie de Dupuytren avance inexorablement. 

Il y a quelques années encore, Isa, sa chienne berger allemand, partageait sa vie avec tout cet amour inconditionnel dont seuls sont capables nos compagnons animaux. A présent, Isa a rejoint le pont de l’arc-en-ciel de l’autre côté du voile. Elle y attend son maître.

Enfant de l’Assistance Publique, il a toujours vécu de « petits boulots » jusqu’au jour où, voulant protéger Isa d’une voiture qui reculait sur elle, il a perdu l’usage de son bras droit. Depuis son « travail » de manche s’est intensifié. Il n’est pas sans-domicile-fixe même si lui est arrivé de coucher dehors quand il traversait de sales périodes.

Depuis plusieurs années maintenant, il loue une chambre dans un foyer social où il voit passer et repasser des colonnes d’immigrés en transit.

Installé tôt le matin, à l’heure où les gens « normaux » partent travailler, il s’installe sous le distributeur d’argent de la banque à proximité de la bouche du métro. Les uns lui jettent la pièce, d’autres lui remettent un vêtement, d’autres encore lui offrent un sourire et prennent le temps d’un échange. Parmi eux, il y a ses « amis ».

Mieux que tous les Facebook du monde, je fais partie des « amis de Daniel ». Pendant longtemps, comme tout le monde, je lui donnais la pièce avec un timide salut de la tête. Tant de barrières entre lui et moi ! Combien j’ai peiné à cause de cette gêne, ancrée profondément en soi, qui mesure tout ce que nous avons, nous, et tout ce qu’il n’a pas, lui. Bien sûr, de temps à autre, il y avait une bribe de conversation polie sur la météo, la circulation … mais rien vraiment qui pouvait créer une authentique relation. 

Et puis un jour, je suis tombée sur cette puissante réflexion de Maurice Zundel. Il raconte dans un de ses ouvrages : « Une femme pauvre m’a dit ces mots que j’ai retenus : « La plus grande douleur des pauvres, c’est que personne n’a besoin de leur amitié. Personne n’imagine que, nous aussi, nous éprouvons le besoin de donner. Personne ne croit à notre dignité et c’est cela notre plus grande blessure. » Il continue : « Que réclamait-t-elle ? Elle réclamait un espace de sécurité qui lui permette d’être un espace de générosité. Voilà la définition du droit de propriété. Et c’est la définition de tous les droits de l’homme qui veulent préserver en nous la vocation de la personne, la vocation de la grandeur, la vocation créatrice, la vocation de la dignité. » 

Tout a basculé dans mon cœur à ce moment-là. Daniel ne m’est plus apparu comme ce pauvre hère que je dépannais de quelques euros mais, bien au contraire, comme une figure familière à qui j’avais envie de donner plus qu’un soutien matériel. Je réalisais que Daniel faisait partie de ma vie et que, comme l’explique si merveilleusement Zundel, j’avais envie aussi de recevoir de lui, de me réjouir de son sourire, de me réjouir de sa présence.

Au fil du temps, une authentique amitié s’est développée. Cela fait plus de 10 ans que Daniel et moi sommes de vrais amis. Il reste toujours très pudique sur sa vie personnelle et je ne le force jamais. Ensemble, quand nous partageons un repas, il nous commente l’actualité de façon très fine et très pointue. Son sens de l’observation est étonnant. Il aurait pu faire un excellent chroniqueur si la vie l’avait mis sur d’autres rails. 

Comme je n’habite plus la ville où nous nous sommes rencontrés, chaque mois, sans exception, je lui écris. Et il me répond de son écriture hésitante certes, mais tellement authentique ! Ses cartes, toujours bien choisies, illustrant soit ma ville natale soit des pensées affectueuses, me touchent au plus profond du cœur. Une lettre de Daniel vaut beaucoup d’autres bonheurs. Quant je lui écris, je lui parle de ma vie, de ma famille, de mes soucis autant que de mes joies. Je n’ai pas de honte maladroite à partager avec Daniel ce qui va pas non plus dans ma vie. Son écoute est aussi précieuse que celle que je lui offre. D’ailleurs, je n’oublie jamais de le remercier pour son amitié à lui. Car, c’est vrai que j’ai besoin de son amitié. La présence de Daniel dans ma vie me recentre sur l’essentiel qui est « la relation pure », celle d’une âme à l’autre. Il n’y a d’ailleurs pas de place pour l’artifice dans la vie de Daniel. 

En cette période de carême pour l’église catholique où une attention particulière est demandée vers les « plus démunis », interrogeons-nous aussi sur notre pauvreté intérieure. Alors, peut-être, pourrons-nous découvrir avec Socrate que : « Ce qu’on peut donner de meilleur aux autres, c’est de les révéler à eux-mêmes. » Et vice et versa, qu’ils nous révèlent aussi à nous-mêmes. Ah ! Merveilleux et divin échange !

Jocelyne Chemier-Mishkin, avril 2017

Mars 2017:

« La morale d’obligation est défunte.
Il ne faut pas la ressusciter ! »

Maurice Zundel
(1897-1975. Prêtre suisse, philosophe et mystique)

Chaque matin, sur la station de radio Europe 1, Raphaël Enthoven anime une chronique intitulée « La Morale de l’Info ». Le principe est que le philosophe commente une information de son choix pour en tirer une conclusion, une « morale de l’info ».

How chocking ! Je suis journaliste, et, l’idée qu’une information puisse contenir en soi une « morale », ne m’est jamais venu à l’esprit. Durant toutes mes études et dans ma longue pratique professionnelle, il n’a été question de chercher à tirer une leçon, d’événements rapportés et, plus grave, de se positionner de fait comme moraliste ou comme censeur. Car finalement, c’est bien de cela dont il s’agit dans cette chronique, d’évaluer telle information ou telle personne selon ses propres principes moraux.

Monsieur Enthoven n’est pas journaliste mais philosophe. En excellent professionnel de la pensée, il nous développe son point de vue sur une actualité ou sur une autre. Les « chutes » de ses démonstrations, toujours bâties comme de courts exposés de philo, sont des leçons à méditer, des conclusions aux accents d’évidence incontournable. « La morale de l’info ! » en atteste même, tout réjoui, le présentateur qui clôt l’intervention. Ite missa est !

Mais sommes-nous dans le monde de l’information ? Comment concevoir qu’un évènement voire une personne « faisant l’actu », puisse faire référence de « science du bien et du mal », selon la définition du Larousse pour le mot « morale » ? L’intitulé de cette émission révèle en réalité une tournure préoccupante.

Au fil du temps, les médias sont parvenus à endosser le rôle redoutable de moraliste de la société, décidant habilement de ce qui est bien ou mal. En apprentis sorciers, ils allument souvent des feux qu’ils ne savent pas éteindre, assurés de toute façon, qu’ils ne se feront jamais brûlés. La sacrosainte « liberté de la presse ! » a bon dos, la pauvre ! Comme nous sommes loin d’un courageux Émile Zola avec son célèbre « J’accuse », lancé en toute conscience des risques qu’il encourait !

Pour revenir à notre sujet, rappelons en quoi consiste le travail du journaliste. Le dictionnaire nous dit encore : « Un journaliste est une

personne dont la profession est de rassembler des informations, de rédiger un article ou mettre en forme un reportage afin de présenter des faits qui contribuent à l’actualité et à l’information du public. ». Il est très clair que le métier ne demande pas aux reporters leurs opinions sur les événements dont ils témoignent. Maurice Siegel, grand nom de l’histoire du journalisme, nous enjoignait pour la rédaction de nos articles à ceci : « Racontez une histoire avec une information toutes les trois lignes et surtout sans aucun état d’âme ! ». Nous nous arrachions tous les cheveux, mais, au final, le résultat était au-delà de nos aspirations. Nous avions appris à être suffisamment transparents pour laisser l’autre se raconter, « se révéler » sous notre plume. Quand ils sont bien narrés, retranscrits, les faits et les personnes parlent et témoignent suffisamment pour eux-mêmes. Une de nos autres très grandes figures journalistiques, le légendaire Joseph Kessel, élevait très haut « l’art du journalisme » au travers de ce commentaire fait sur un de ses reportages en Allemagne dans les années 30 : « Pour savoir, pour sentir vraiment à quel point le besoin du défilé, l’instinct de la soumission sont entrés dans la chair et le sens de la vie allemande, il faut avoir vécu en frère parmi ces mauvais garçons ». Là aussi, nous sommes loin, très loin de toute « morale ».

Notre beau métier de journaliste exige de se détacher assez de soi-même, de se dépouiller autant qu’il faut de son ego, pour pouvoir restituer les faits et les personnages dans leur toute leur authenticité, un peu comme un instrumentiste doit se défaire de lui-même pour servir au mieux la musique dont il est l’interprète. (Voir la phénoménologie musicale).

En cela, nous rejoignions un autre type de « morale », qui, cette fois, n’a rien de manichéen mais qui est naturellement spirituel. Il ne s’agit plus de vouloir faire le bien (plutôt que le mal), mais d’ « être » tout simplement, ce bien, ce détachement, ce dépouillement, cette « transparence » qui permet de recevoir l’autre pleinement, sans jugement. La morale judéo-chrétienne qui, parce qu’elle a été mal comprise, a empoisonné l’humanité, fond littéralement devant ce processus de libération de soi qui entraîne, de fait, celle d’autrui. Nous ne sommes même plus dans le règne de la philosophie. Maurice Zundel le développe très bien : « La morale de libération n’est pas une morale d’obligation. Nul ne peut comprendre qui n’a pas senti en soi le poids de ses déterminismes, et n’a pas voulu se soustraire à tout ce qui est subi.

La morale de libération est la plus exigeante, la plus belle, la plus créatrice car elle annonce un type d’homme nouveau, responsable, librement discipliné. Il ne s’agit pas de morale mais de mystique. ». « L’information » - et, avec elle, les journalistes, - porte en soi un extraordinaire potentiel pour faire émerger une humanité nouvelle, à condition qu’elle soit au service de celle-ci et non qu’elle en tire les ficelles comme le ferait un dieu archaïque.

Depuis le camp d’extermination où elle était détenue, Etty Hillesum, jeune femme juive intellectuelle à la clairvoyance spirituelle éblouissante, écrivait : « Notre unique obligation morale, c’est de déchiffrer en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus, il y a de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition. » Vivant de l’Amour Dieu en pleine tragédie humaine, Etty n’était plus dans le jugement. Nous, non plus.

Jocelyne Chemier-Mishkin, mars 2017

Février 2017:

« J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. » (1ère lettre aux Corinthiens)
Paul de Tarse
(I er siècle. Apôtre de Jésus)

Le pouvoir de la pensée positive est de mode. Il y a même un magazine qui en s’en est inspiré pour son nom. Plus les progrès des neurosciences avancent, plus il devient évident que notre pensée a un rôle déterminant sur notre cerveau, donc, sur notre comportement, donc, sur notre existence. Si notre inconscient, le véritable moteur finalement de nos actions, est imprégné d’affirmations positives, il y a de fortes chances pour que nous soyons plus heureux, mieux dans notre peau, plus performant… bref ! que nous prenions le meilleur de la vie.

Rendons toutefois à César ce qui lui revient. Au 19e siècle, le génial Émile Coué, psychologue et pharmacien français, a été le premier à découvrir l’extraordinaire pouvoir de la pensée par l’autosuggestion. Sa méthode simple (mais pas simpliste) reste la plus efficace : « Tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux » : à répéter très vite, 20 fois au réveil, 20 fois le soir, et toujours à haute voix pour bien « imprimer » l’inconscient. Une prescription médicale révolutionnaire à faire rêver toutes les assurances santé ! Emile Coué disait que la formule magique fonctionnait indépendamment de toute croyance puisque nous sommes en face d’un authentique mécanisme de la pensée à l’image de celui de la digestion ou du sommeil. En conclusion, je pense « positif » donc je suis « positif ». Descartes y était presque ! Fascinant !

Mais une « vie réussie » est-elle une vie où tout nous réussit sur le plan du travail, de la famille, de la santé, de l’argent… ? Certes, ce n’est déjà pas si mal, et pourtant, accidents d’avions, tremblements de terre, faillite de la société pour laquelle nous travaillons, conjoint qui nous quitte, proche qui décède… nous n’y pouvons rien ! Le contrôle sur nos vies n’est pas à 100 %.

Je lis aussi dans des revues de para-sciences, les capacités que nous avons à pouvoir sortir de nos corps et à voyager dans le temps et l’espace (voyage astral), d’influencer la matière par la pensée, de deviner l’avenir, de communiquer avec nos défunts ...Formidable ! Nous allons aussi sur la lune, (bientôt sur Mars), disposons d’ordinateurs de la taille d’une main, bénéficions d’opérations chirurgicales relevant presque du miracle … Génial ! Nous pouvons ceci, nous pouvons cela, bref nous pouvons beaucoup, mais « tout pouvoir » est-il finalement l’essentiel, le but d’une vie « accomplie » ?

Nous aurons beau avoir tous les dons, tous les pouvoirs de la pensée, de la science, des paras-sciences, de la technologie, toutes les possibilités intellectuelles,… si vous n’avons pas l’amour, avertit St Paul, nous n’avons pourtant rien. Radical ! L’apôtre du Christ avait bien compris que l’essentiel n’est pas palpable, pas mesurable, pas quantifiable. Il aurait affirmé avec Saint-Exupéry que « L’essentiel est invisible aux yeux ».

Les connaissances, quelles qu’elles soient, ne sont en effet pas la « connaissance », qui est celle que nous sommes. Il y a des illettrés qui sont de grands maîtres et des grands savants qui sont de grands ignorants. La voie du cœur, celle de l’amour, est la voie royale car elle ne se trouve qu’à l’intérieur de soi justement. Elle ne s’apprend pas dans les livres, ne s’enseigne pas par une méthode, ne se découvre pas dans un microscope, ne se transmet pas entre initiés, ne se donne pas, ne s’offre pas, elle ne se découvre qu’en soi.

L’Amour habite dans notre intimité. Il est « lové » (comme love en anglais !) au cœur de chacun d’entre nous. L’Amour est toujours là, toujours déjà là. Il n’y a qu’à le laisser fleurir, le laisser grandir, le laisser vivre au travers de nous. Les jouissances des pouvoirs de la pensée ne sont, paraît-il!, rien à comparer de celles de l’Amour. Plus puissant que tous les autres pouvoirs dont nous sommes dotés, l’Amour va jusqu’à guérir les malades, calmer les tempêtes, ressusciter les morts…C’est vrai ! Le Christ l’a fait. Et nous le pouvons aussi puisque Christ est en chacun, puisque le « pouvoir de l’Amour » est en nous. Vertigineux ! Prodigieux ! Oui, mais, attention ! cet Amour-là, est un Amour authentique qui ne garde rien pour soi, qui se donne continuellement dans une circulation d’amour incessante qui génère une énergie dont Teilhard de Chardin disait lui-même « Un jour quand nous aurons maîtrisé les vents et les marées, la pesanteur, nous exploiterons l’énergie de l’amour. Alors pour la seconde fois dans l’histoire du monde, l’homme aura découvert le feu ».

Alors, pour revenir au pouvoir bien réel de la pensée, affinons l’affirmation de Coué en répétant : « Par la puissance de l’Amour en moi, tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux. ». Car après tout, ces étonnantes capacités de la pensée et autres géniales fonctions de nos esprits et de nos corps, ne peuvent relever du hasard mais bien d’une Supra Pensée absolue et originelle Qui EST justement Amour et uniquement Amour.

Jocelyne Chemier-Mishkin, février 2017

Janvier 2017:

« Nous ne serions que des fourmis dans une fourmilière, s'il n'y avait personne en nous. Cette présence divine qui nous consacre, qui est tout le secret de notre personnalité, c'est cela qu'il s'agit de rendre possible. »
Maurice Zundel
(1897-1975. Prêtre suisse, philosophe et mystique)

Voici ma réponse aux associations dites « culturelles » de ma ville devant leur refus, en décembre dernier, d’annoncer sur leurs réseaux de communication, ma conférence intitulée : « Le vrai visage de Dieu selon Maurice Zundel, un génie spirituel. »

« Ni politique, ni religieux, c’est inscrit dans nos statuts ! » me suis-je entendu rétorquer avec cet air sérieux qui veut afficher une bonne conscience. La politique, je veux bien que nous évitions d’en parler, puisque, de toute façon, les Français sont systématiquement de droite ou de gauche. Et puis, les médias en parlent assez pour nous. Mais le religieux, « le phénomène spirituel », n’est-ce-pas tout de même autre chose ?! Dieu ferait-il peur ? Dieu ferait-il honte ? Il semblerait.

D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Qui a créé l’univers ? Qu’y-a-t-il après la mort ? D’où viennent le mal et la souffrance, mais aussi, la beauté et l’amour ? Comment expliquer la complexité savante de l’atome et des galaxies planétaires,celle de l’ADN de l’être humain comme de celui de la puce ? Quoi, ou Qui, a inspiré Mozart que nous écoutons dans des concerts organisés par nos associations dites « culturelles » ? Quoi, ou Qui, a inspiré Léonard de Vinci, Michel-Ange et tant d’autres artistes de nos musées que nous visitons avec nos associations dites « culturelles » ? Quoi, ou Qui, a inspiré Victor Hugo pour écrire Les Misérables et Notre-Dame de Paris, montés en spectacles dont nous nous régalons avec nos associations dites « culturelles » ? Quoi, ou Qui, a inspiré le dernier livre, De l’âme, de François Cheng que nous serions honorés de recevoir dans nos associations dites « culturelles » ? Quoi, ou Qui, inspirent les savants dans leurs découvertes dont nous aimons débattre dans nos associations dites « culturelles »?...Chacun d’entre nous peut rallonger la liste interminable des questions essentielles. 

« La seule possibilité de donner un sens à son existence, c’est d’élever sa relation naturelle avec le monde à la hauteur d’une relation spirituelle. » affirmait le grand Dr Albert Schweitzer lui-même. Devant l’émerveillement suscité par un coucher de soleil, face à l’angoisse ou à la sérénité d’un agonisant, qui ne s’est jamais senti remuer intérieurement ? Évacuer le spirituel de la vie culturelle revient à élaguer toutes les questions les plus fondamentales de notre existence, et même plus, de notre « essence », puisque tout est spirituel, puisque Tout participe du Vivant.

Et puis,… chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes (il est d’usage de dire que le bouddhisme n’est pas une « religion » mais ne jouons pas sur les mots, c’est une « transcendance » comme les autres), hindouistes, shintoïstes…, n’aurions-nous pas tout à gagner à nous enrichir, les uns les autres, de nos différences, c’est-à-dire de nos valeurs ajoutées ? Au lieu de rejeter comme une maladie honteuse le sujet du « religieux », ne pourrions-nous pas au contraire apprendre à nous connaître pour mieux nous respecter mutuellement ? Comme il serait sain et utile de découvrir les trésors de toutes ces expressions de la vie transcendante ! Le Divin se manifeste de tant de manières selon qu’il transparait au travers d’une culture ou d’une autre.

Une association serait vraiment « culturelle » si elle accueillait les voix des religions de notre planète Terre. Evidemment, il ne s’agirait pas d’offrir une plate-forme au prosélytisme, même si communiquer sa passion n’a rien de négatif en soi, mais de donner à découvrir l’univers intérieur de l’autre pour mieux le comprendre et, pourquoi pas ? apprendre peut-être aussi de lui. Cet élan participerait à l’élaboration d’un monde de tolérance et non d’un monde méfiant qui construit des cloisons de protection derrière lesquelles finalement s’érigent de terribles extrémismes. « Le XX1ème sera spirituel ou il ne sera pas. » a averti André Malraux, illustre ministre d’Etat, chargé des Affaires culturelles…justement !

Jocelyne Chemier-Mishkin, janvier 2017

Décembre 2016:

« Si vous ne croyez pas en Dieu, sachez du moins que Dieu croit en vous. »
Père Francesco Forgione dit Padre Pio
(1887-1968, Prêtre italien capucin canonisé en 2002)

Cela fait plus de 40 ans que je connais Marcel Joseph Rizzi, artiste poète et éditeur d’Astra. Cette maison d’édition fondée en 1926 et orientée vers les sciences humaines et l’ésotérisme a été l’une des premières en France à éditer des livres sur les pouvoirs de l’inconscient et de la pensée positive. Dans ma bibliothèque, au hasard de quelques titres, je relève, Le hasard n’existe pas, Le pouvoir par la pensée constructive, Le devoir de vivre, La guérison chrétienne, Les œuvres complètes d’Émile Coué, Où et comment retrouverons-nous nos disparus ? Le Christ en vous … Beaucoup d’auteurs sont anglais ou américains.

Quand je me rendais à la librairie, rue Rochambeau à Paris, c’était pour y approfondir ma quête avec de nouvelles lectures mais c’était surtout pour y retrouver « Marco ». Par mon métier de journaliste, j’ai rencontré beaucoup de personnages hauts en couleurs, j’ai aussi connu de nombreux religieux, prêtres et moines, mais, jamais, je n’ai trouvé une âme aussi proche de Dieu que celle de Marco. C’est un peu comme s’il était tombé, très jeune, dans la potion magique de la foi ! Cela n’est d’ailleurs pas tout à fait faux. Enfant, en Algérie, paralysé suite à une vaccination, il ne pouvait plus marcher. Il rampait pour se déplacer ! Mais une amie pria la Vierge pour sa guérison qui finit par se produire. Le petit Marco retrouva miraculeusement l’usage de ses jambes. Alors évidemment, la foi résonne chez lui comme une évidence.

Maladie, manque d’argent, difficultés diverses, tristesse… Marco nous renvoie toujours à ce que Dieu nous a donné : le pouvoir de tout surpasser, de tout dominer en quelque sorte. Inlassablement, il répète de nous visualiser en parfaite santé, prospère, heureux, libéré… comme nous le sommes de l’autre côté du voile où nous nous retrouverons tous. Cela est certifié ! Foi de Marco !

Une année, à la veille de Noël, il dit à une amie qui se retrouvait toute seule pour cette fête : « Tu vas dresser une très jolie table avec deux couverts, l’un pour toi, l’autre pour Jésus. ». Plus tard, la dame est retournée dire à Marco : « Ce fut le plus beau Noël de ma vie. Merci ! ». Cela encore…c’est Marco !

Aujourd’hui retraité, il continue d’appliquer cette loi vie divine dans sa vie quotidienne. « L’autre jour, me racontait-t-il récemment, j’ai eu de l’appréhension à traverser un carrefour. J’ai demandé à Jésus de me tenir la main et j’ai traversé sans problème ! ». Avec sa sacrée foi, Marco déplace les montagnes de nos cœurs et de nos âmes, car, à chaque défaillance, il nous fait remettre la barre de nos vies sur le cap du « tout-positif », du « tout-possible », du Christ Tout-Puissant d’Amour en nous.

Jocelyne Chemier-Mishkin, décembre 2016

Novembre 2016:

« L’au-delà, c’est la vie comme un présent qui ne cesse de croître. »
Maurice Zundel
(1897-1975. Prêtre suisse, philosophe et mystique)

Du jardin d’Éden de la Bible aux multiples témoignages recueillis à la suite des expériences de mort imminente, il est certain que la vie après la mort physique est un infini d’amour et de liberté, difficile à imaginer pour notre condition humaine. L’au-delà est bien au-delà de toutes nos pensées, de toutes nos limites, de toutes nos souffrances. Dès lors, il peut être tentant de faire de ce voile ténu, qui sépare la vie incarnée de la Vie libérée, un mur épais, avec d’un côté, l’en-deçà, et de l’autre, l’au-delà. Le désir de s’évader mentalement dans la vie « d’après » peut représenter une évasion illusoire voire une échappatoire dangereuse.

Ce que nous appelons communément le « paradis » ou le « ciel » prend en réalité ses racines dans nos vies actuelles. Mon existence terrestre est une graine que je plante et qui pousse simultanément dans le champ de mon éternité. Ce que je serai après ma mort, est déjà fonction de ce que je suis en ce moment présent. En quelque sorte, je peux dire que ma mort est déjà « en vie ».

Notre temps humain nous est proposé pour y être vécu à son maximum. Joies et souffrances sont à son programme. Plus nous acceptons notre itinéraire avec ses routes droites ou très escarpées, plus nous avançons sur le chemin de notre vie céleste. C’est marcher un pied sur terre et, en même temps, un pied dans le ciel. Chaque seconde de nous-même vécue dans toute sa plénitude, c’est-à-dire dans l’accueil de l’instant présent, est une étape faite dans notre vie éternelle et universelle. C’est la raison pour laquelle il est si important de rester constamment vigilant sur la qualité de nos pensées, l’impact de nos actes, la force de nos engagements car ce que je suis à cet instant me propulse déjà dans mon éternité.

Rien ne révèle du hasard. Chaque circonstance de nos vies, la plus insignifiante soit-elle, est une direction proposée, un signe donné, une présence immatérielle qui nous soutient sur la route à poursuivre.

De par notre création, nous sommes pétris d’une force intérieure démesurée qui pourrait nous faire déplacer des montagnes si nous le croyions vraiment, et ce, dès ici et maintenant.

Jocelyne Chemier-Mishkin, novembre 2016

Octobre 2016:

« Il n’existe qu’un seul péché : celui qui consiste à ne pas répondre aux exigences de notre Divinité. »
Dr Edward Bach
(1886-1936, Médecin britannique, bactériologiste et homéopathe)

L’extraordinaire Docteur Bach, à l’origine de la thérapie des élixirs floraux dite « Fleurs de Bach », était catégorique : « La maladie est la conséquence dans le corps physique, de la réticence de la personnalité à suivre la voie indiquée par l’âme… Telle est la maladie : la réaction à l’ingérence. Cela se produit lorsque nous laissons autrui s’immiscer dans notre existence, et introduire en nous le doute, la crainte ou l’indifférence. »

Commerçant, professeur, artiste, navigateur, mère de famille…nous portons tous en nous un élan profond, un « talent », suggéré par notre Moi Spirituel, la nature divine qui habite en nous. Certains le repèrent dès l’enfance, d’autres mettent plus de temps à le découvrir. L’important est de le réaliser tôt ou tard car nous sommes sur ce plan de vie pour exprimer notre divinité propre. L’aspiration et la motivation l’emportent même sur la réussite ou non de cette trajectoire. L’essentiel est de répondre aux exigences de notre moi intérieur. Cette démarche peut paraître égoïste alors qu’elle est, paradoxalement, plus salutaire que nous ne pourrons jamais l’imaginer. Notre « mission » consiste uniquement à vivre et à accomplir l’appel de notre moi authentique. C’est alors, dans cette libération de notre être intérieur, que nous connaîtrons la vraie santé et que nous serons, selon et avec le Docteur Bach, « capables de servir l’humanité », l’ultime achèvement de l’homme.

Restons donc vigilants à ne pas nous laisser entraver par les suggestions et les influences extérieures qui chercheraient à nous dévier de notre dessein divin profond et, tout autant, veillons nous-mêmes à ne pas imposer aux autres nos convictions pour ne pas les perturber ou, pire, les envahir. Il y va de la santé de chacun et, au-delà, du devenir universel de l’humanité. L’écoute de sa « petite voix intérieure » : le remède divin par excellence en somme !

Jocelyne Chemier-Mishkin, octobre 2016

Septembre 2016:

« Dieu est une lumière qui n’a point d’ombre. »
Maurice Zundel
(1897-1975.Prêtre su
isse, philosophe et mystique)

Propriétaire du monde, espèce de pharaon despote qui tire les fils de nos vies, une menace extérieure, une autorité, une obligation, une vengeance, un interdit, une limite, une menace, un devoir, une abstraction, un principe, une formule, l’inventeur de la mort, du mal, de la douleur et du péché, une toute puissance extérieure dictant ses lois et ses commandements à sa création…combien sommes-nous encore à nous représenter Dieu sous tous ces traits tellement humains ? Trop ! Car si nous avions tout faux ? Et si ce dieu n’était pas le vrai Dieu ?

Le scoop est tombé, il y a plus de deux mille ans : Dieu est Amour, c’est-à-dire tout le contraire de ce qui a été interprété et cru.

Mais si aimer et être aimé, nous est accessible, « être l’Amour » pouvons-nous même le concevoir ? Pour que Dieu soit l’amour, il faut déjà qu’il ne soit pas solitaire (contrairement à cette autre mauvaise idée reçue). En effet, s’il était solitaire, il se regarderait continuellement lui-même n’ayant finalement d’amour que pour lui. Or Dieu étant Amour, il ne peut pas être solitaire puisque l’amour, le vrai, ne peut rien garder pour soi. Dieu est même une entité constituée de trois éléments ou trois « personnes » pour notre langage humain.

En effet, pour pouvoir se donner, Dieu Amour (première personne), a besoin d’une deuxième personne pour se donner. Un amour qui n’est pas reçu, ne serait pas accompli. Et cette deuxième « personne », a elle aussi besoin d’une troisième pour redonner cet Amour. Un amour qui est gardé pour soi, serait un amour étouffé. Et la troisième personne, vous l’avez deviné, redonne l’Amour à la première personne et la ronde repart.

C’est cette « communication continue d’amour » qui est constituant même de l’Amour authentique qui, par essence, ne peut que se donner. Le vrai Dieu est cette Toute-Puissance d’Amour qui ne possède rien, (même pas lui-même) et qui se donne à sa Création, perpétuellement et inconditionnellement. En nous dépouillant de notre moi limité et égoïste, nous pouvons participer à cette circulation d’amour originel.

Comment savons-nous tout cela ? Dieu s’est incarné en homme pour nous le révéler et nous le proposer car Il nous veut à son image : des Tout-Puissants d’Amour, la seule force capable de vaincre même la mort. Il l’a prouvé en Jésus, le Christ, cet Autre qui cohabite en chacun de nous.

Jocelyne Chemier-Mishkin, septembre 2016

Août 2016:

« Le voyageur doit frapper à toutes les portes
avant de parvenir à la sienne. »

Rabindranath Thakur dit Tagore
(1861-1941. Écrivain philosophe et poète, Prix Nobel de littérature en 1913)

Inscrite dans une école catholique, j’avais 14 ans quand je me plongeais dans le « Yoga » de Mircea Éliade. À l’intérieur de mon placard, j’avais même collé un dessin de bouddha que j’avais ébauché maladroitement au fusain. Malgré les messes hebdomadaires et l’instruction religieuse reçue, une forte pulsion intérieure m’attirait vers les philosophies orientales.

L’approche très studieuse du bouddhisme eut raison des attraits plus mystiques de Patanjali. Je dévorais les livres d’A. Desjardins, de L. Chauchard, de J. Blofeld, de Lama Govinda… et récitais des mantras dans un temple bouddhiste en vue de « prendre refuge ». Mais refuge en quoi finalement ?

Une succession d’immersions s’enchaînèrent dans ; le New Age pour l’éveil de soi, le paranormal avec J. Bergier et L. Pauwels, la médecine énergétique avec J. Fontaine, le taoïsme avec Lao-Tseu, le soufisme avec Rûmi, l’hindouisme avec Gandhi, la pratique de l’aïkido, celle de la vie intérieure avec Krishanamurti et I.Khan… Ma quête n’en finissait pas. Dans ce flot d’informations, passionnantes certes, je finissais par tourner en rond, en orbite autour de moi-même. Plus je cherchais et moins je trouvais. Toutes ces découvertes m’enrichissaient, mais ce n’était pas encore « ça ».

Après ces longues années de recherches, une question finit par émerger : « Est-ce que je cherche quelque chose ou... quelqu’un ? ». Ce fut le déclic. Je réalisai que, sous la motivation de chercher une forme de paix intérieure, je cumulais des expériences sans direction véritable. Je me cherchais certes mais pour peaufiner mon petit moi. Bien évidemment, j’en étais insatisfaite. Puis, la grande question s’est posée : « Et si je cherchais plutôt quelqu’un d’autre ? » et l’autre grande question est venue : « Et si cet Autre était Dieu ? ». Le grand mot était lâché !

Une nouvelle quête commença alors, à la recherche de cet Autre en moi, ce « grand Moi », ce « sur-Moi ». Je me lançais dans des enseignements spirituels, faisais des rencontres fortes, et plus j’avançais, plus j’avais le sentiment très net de me rapprocher d’une Source, d’une Origine.

Je ne saurais dire aujourd’hui si j’ai trouvé Dieu en moi mais je sens que je ne suis plus seule. Je cohabite avec Quelqu’un qui comble tous mes désirs, toutes mes espérances, toutes mes attentes. Je suis en marche vers Lui. Comme une évidence, j’ose affirmer avec Rimbaud : « Je est un autre ».

Jocelyne Chemier-Mishkin, août 2016

Juillet 2016:

« Le sens du monde est le sourire d’un enfant. »
Charles Baudouin
(1893-1963. Psychanalyste et écrivain franco-suisse)

Communiquer avec les défunts : info ou intox ? La question est récurrente même chez les plus accrocs du paranormal comme si « c’était trop beau pour être vrai ».

Le Père Jean Martin, prêtre catholique belge, ancien professeur de philosophie dans les séminaires, engagé pendant de longues années auprès des handicapés, est aussi connu pour « faire des contacts » (selon l’expression) avec nos trépassés humains ou animaux. C’est d’ailleurs au décès, ou plutôt au « passage » de mon chat que j’ai fait sa connaissance.

Cet homme d’exception qui aide depuis plus de 20 ans les personnes touchées par le chagrin du décès de leurs proches, a fait de cette étape inattendue dans sa vie de religieux, un authentique ministère. N’hésitant pas, mais toujours discrètement, à prendre à rebrousse-poil le sens de sa hiérarchie–l’Eglise n’accepte pas tout ce qui a trait de près ou de loin à la médiumnité–le Père Martin continue de suivre avec courage et obstination, sa petite voix intérieure qui lui dit que ce qu’il fait est juste et vrai et bon.

Personnellement, je crois à la claire audience du Père Martin parce que la voie spirituelle, - l’authentique-, requiert un cœur d’enfant, un cœur pur. D’ailleurs, le Christ l’a dit : « Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux ».

Je suis sûre que le Père Martin entend bel et bien les voix célestes de nos aimés disparus de nos yeux terrestres. Mais si, ni vous, ni moi n’y parvenons, c’est que nous n’avons pas assez purifié nos cœurs. Nous sommes encore trop dans la raison avec ses logiques humaines alors que « le cœur a ses raisons que la raison n’a pas ». De l’autre côté de ce voile si ténu qui sépare l’avant-vie de l’Autre Vie, temps et espace n’existent plus, nos raisonnements ont laissé place à nos intuitions profondes, nos certitudes sont devenues des évidences.

Avant chaque communication, l’Abbé Martin entre toujours en prière pour ouvrir au maximum son cœur à Tout ce que Dieu veut lui donner : Son Amour

Illimité. Jean n’en doute plus depuis fort longtemps et c’est pourquoi il reçoit autant. Alors à notre tour ?

Jocelyne Chemier-Mishkin, juillet 2016

Plus d'Infos :

- Quelques ouvrages de Jocelyne Chemier-Mishkin:

Informer sur la drogue
Thèse, 1976

Passions cachées de stars
Éditions Jean Boully, 1989

En Quête, A la recherche de mon Autre avec Maurice Zundel
Éditions Anne Sigier, 2008

La suprême emblavure
JOCM Éditions, 2012

Je serai journaliste
JOCM Éditions, 2012

Comprendre Maurice Zundel, audio livre
Éditions Saint-Léger Productions, 2015

Le billet d'humeur spirituelle de Jocelyne Chemier-Mishkin
Le billet d'humeur spirituelle de Jocelyne Chemier-Mishkin

Jocelyne Chemier-Mishkin, journaliste professionnelle, a débuté sa carrière en 1977 dans sa ville natale de Lyon. Elle a travaillé ensuite à Paris pour la presse écrite et télévisuelle. Avec son mari américain, elle a ensuite sillonné le monde avant de s’installer à New York pendant plusieurs années, devenant elle-même citoyenne américaine.
Dans son livre « En Quête, A la recherche de mon Autre avec Maurice Zundel » (Editions Anne Sigier, 2008) elle raconte comment sa longue recherche de Dieu a véritablement « explosé » avec la rencontre de la spiritualité de Maurice Zundel. Elle a trouvé en ce prêtre extraordinaire, la pensée universelle, c’est-à-dire « catholique », qui convient à son esprit d’ouverture tant spirituel que culturel. En 2005, elle édite chez Saint Léger Productions, un audio livre intitulé « Comprendre Maurice Zundel ».

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Bernadette 05/05/2017 19:32

A vous, Yann Erick, Laetitia, J. Mishkin,
Tout d'abord merci pour le livre de Jacques Mandorla que vous m'avez envoyé. J'ai trouvé là des expériences vécues, et des explications à beaucoup de phénomènes qui m'ont perturbés l'an passé.
J'ai 70 ans, et après une vie bien remplie en expériences, en recherches, Toujours recherche de ce lien profond avec mon "moi supérieur", ou "mon âme",selon le vocabulaire de chacun, j'ai découvert il y a un an un livre qui a transformé ma vie :
"Le miracle oublié" du Dr D. CHOPRA.
Je lis et écoute avec beaucoup d'attention vos messages, et ceux de vos invités. Celui de J. Mishin, m'a incitée à vous envoyer cette référence, car je vois les choses un peu différemment aujourd'hui.
J'ai ressenti en lisant ce livre, qui m'a incitée à travailler différemment sur moi et mes croyances, pour faire table rase de mes vieilles idées, beaucoup de bien-être corporel, ce qui m'a confortée dans l'idée qu'il y avait beaucoup de "vrai" dans ce texte.
Je n'osais pas vous en parler, car je veux rester humble et simple (si possible) dans ce que je peux communiquer aux autres, mais le message de mai 2017 de J. Mishin, m'a incitée à le faire.
Voilà.... merci encore de tout ce que vous m'avez apporté, Yann Erick, Laetitia et bien d'autres, et continuez de m'apporter.
Je vous envoie toute la lumière possible, de fond du coeur, pour votre travail et votre évolution personnelle.
Bernadette B.

Patrick 01/05/2017 15:49

Ces billets d'humeur spirituelle sont d'une richesse inouïe ! On se sent comme "soulever" dans l'amour ! .. Continue Jocelyne .. et Félicitations !

David 15/02/2017 18:05

Bravo Jocelyne !

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