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 élévation

élévation

Parcours initiatique Philosophico-Spirituel à travers mes rencontres et lectures liées au paranormal et à l'ésotérisme.


Jocelyne Chemier-Mishkin (1ère rencontre):

Publié par Yann-Erick sur 5 Juillet 2015, 06:46am

Catégories : #Auteurs-Journalistes, #Religieux

En quête

A la recherche de mon Autre, avec Maurice Zundel.
(2008. 383 pages. Edition Anne Sigier).

  Entretien Audio en trois parties.
(réalisé en octobre 2009).

Première partie - Durée: 25 minutes.

Deuxième partie - Durée: 36 minutes.

Dernière partie - Durée: 28 minutes.

Maurice Zundel (1897-1975)

ZUNDEL25-s zundel29-s

http://www.mauricezundel.com/fr

Plus d'Infos :

"Nous ne serions que des fourmis dans une fourmilière, s’il n’y avait personne en nous. Cette présence divine qui nous consacre, qui est tout le secret de notre personnalité, c’est cela qu’il s’agit de rendre possible".

Maurice Zundel

- A Lausanne, le 2 novembre 1959
Homélie aux enfants, le jour des morts :

"Est-ce que les morts reviennent ? Ils reviennent nous voir ? Est-ce qu'ils reviennent nous voir les morts ?
- Non.
- Non. Ils reviennent pas nous voir ! Est-ce que nous pouvons, nous pouvons les toucher ?
Non.
- Est-ce que nous pouvons tout de même leur parler ? Moi, je dis oui. Nous pouvons leur parler, nous pouvons leur parler avec le cœur, parce ils ne sont pas morts tout entiers ! Parce qu'ils sont vivants, malgré tout. Où sont-ils vivants ?
Avec leurs âmes.
- ... et où sont leurs âmes ?...
Au ciel !
- Au ciel... et où est le ciel ?
En nous .
- En vous ? En nous !  C'est ça, très bien, le ciel est en nous. Le ciel est en nous. Alors, où sont les morts ?
- ...
- Continuez, puisque vous avez trouvé ! Où sont-ils ?
En nous !
- Ah, ils sont en nous... Ils sont en nous, comme Dieu est en nous. Puisqu'ils sont en Dieu et que Dieu est en nous... ils sont aussi en nous, non ? Vous ne pensez-pas ? Mais c'est tout à fait sûr !
Une petite fille qui a perdu son papa ou sa maman. Son papa ou sa maman ne l'ont pas quittée ! Est-ce qu'une maman peut oublier ses enfants ? Non. Elle ne peut pas oublier ses enfants ! Est-ce qu'elle va les oublier quand elle sera auprès du Bon Dieu ? C'est impossible ! Alors, comme le Bon Dieu est tout près de vous, les morts que vous aimez sont tout près de vous, dans le cœur de Dieu. Comprenez--vous ?...
Alors, pour trouver les morts, qu'est-ce qu'il faut faire ? Comment ? Je comprends pas. Non, pour trouver les morts, maintenant, aujourd'hui, il faut être tout près du Bon Dieu ! Si nous sommes tout près du Bon Dieu, nous sommes tout près de ceux qui sont cachés dans son cœur. Comprenez-vous ? Non ? Alors, les morts ne sont jamais très loin. Si on est près du Bon Dieu, on est près d'eux. Comprenez-vous ? ...
Et qu'est-ce qu'on peut faire pour eux ?
On peut prier pour eux.
- Qu'est-ce que ça veut dire  prier pour eux  ? Demander à Dieu qu'ils aillent au ciel ? Oui, en somme... prier... Qu'est-ce que c'est que prier ? Qu'est-ce que c'est que prier ?
- C'est parler à Dieu !
- C'est parler à Dieu. C'est donner son cœur à Dieu ! C'est donner son cœur à Dieu ! Est-ce que c'est très fort, la prière ? C'est très fort, c'est très puissant la prière ? Oui, comme l'amour ! Et c'est très puissant, l'amour ? C'est très fort ? Si on ne vous aimait pas, qu'est-ce que vous deviendriez ? Si on ne vous aimait pas, qu'est-ce que vous deviendriez ?
Malheureux !
- Malheureux, malades, vous mourriez ! Qu'est-ce qui vous fait vivre ?
La vie.
- La vie ! Bien sûr ! Mais qu'est-ce qui vous fait vivre ? Oui, mais encore c'est qu'on vous aime ! C'est qu'on vous aime ! Si vos parents ne vous aimaient pas, si vos maîtresses ne vous aimaient pas, si vous étiez toutes seules dans une prison, sans personne !
J'ai connu quelqu'un qui était en prison pendant deux ans, il n'a jamais vu personne ! Il n'avait pas de livres, il n'avait pas de lettres, il était tout seul ! Il a faillir devenir fou ! Non ? Vous comprenez ? Parce que on a besoin d'être aimé pour vivre. Alors, la prière, c'est un acte d'amour et c'est pourquoi la prière peut tellement ! Si nous prions, c'est comme si nous donnions du soleil à ceux que nous aimons. Comprenez-vous ?... Non ?... Ce Soleil que nous portons en nous, qui est Dieu, quand nous prions pour quelqu'un, c'est comme si nous lui donnions ce Soleil pour l'éclairer et le réchauffer. Comprenez-vous ?
Est-ce que c'est triste, la mort ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
Ecoutez ! J'ai connu une petite fille qui s'appelait Claire et cette petite fille avait une maladie de cœur. Elle le savait. Elle savait qu'elle mourrait très jeune. Quand je l'ai rencontrée, elle avait 9 ans. Elle s'appelait Claire. Elle était toute claire vraiment, toute transparente ! Elle aimait beaucoup le Bon Dieu. Elle s'était construit une petite hutte de feuillages dans la forêt ou elle allait prier. Elle jouait d'ailleurs à la balle comme les autres Elle était très gaie ! Mais elle savait que elle n'en avait pas pour longtemps. Et lorsqu'elle eût 15 ans, elle a dit : Voilà, je vais mourir. Et, en effet, le jour de ses 15 ans, elle est morte et elle a dit à son papa et à sa maman :  Mais ce n'est pas triste, ce n'est pas triste, puisque je vais vers Jésus ! Et elle est morte avec tellement de joie, que sa maman me disait, après sa mort : Nous ne pouvons pas pleurer parce qu'elle nous a donné tellement de joie !  Comprenez-vous ? Elle n'avait pas peur, puisqu'elle allait... elle allait vers Jésus.
J'ai connu une autre jeune fille, elle avait la tuberculose ! La tuberculose, elle avait à peine 15 ans, et en trois mois ça a été fait ; en trois mois, la maladie a fait de tels  progrès qu'un jour où j'allais faire le catéchisme à l'école et elle me dit : Eh bah ! c'est fini, c'est la fin. Mais elle était toute souriante dans son lit. Elle avait de très belles couleurs, comme souvent ont les tuberculeux. On aurait jamais dit qu'elle allait mourir ! Alors, elle a reçu les sacrements. Je suis allé faire mon catéchisme, et quand je suis revenu, elle était déjà couchée dans sa robe de première communiante. Elle était morte pendant ce temps, mais morte dans un sourire, c'était merveilleux ! Un sourire de joie, de confiance et d'amour, parce qu'elle allait vers le Bon Dieu, non ? Ca ne veut pas dire qu'il faut que vous mouriez aujourd'hui pour aller vers le Bon Dieu. Non, ce n'est pas ce que je veux dire, vous comprenez ?
Mais il ne faut jamais avoir peur de rien, sauf d'une seule chose. De quoi ? Du péché. Qu'est-ce que ça veut dire, le péché ? Qu'est-ce que c'est que ca le péché ? Tout simplement, c'est ne pas aimer, ne pas aimer. C'est terrible de ne pas aimer, non ?
Ecoutez : il y avait, il y avait une femme, une femme, elle avait trois petits enfants. Elle était bonne mais elle était bonne et puis, elle est tombée malade et le médecin l'envoya à la montagne. Elle y est restée presque une année. Quand elle est revenu, son mari, s'était attaché à une autre femme et avait cessé de l'aimer. Et quand elle est rentrée dans sa maison, il n'y avait plus personne ! Elle, elle avait toujours les mêmes sentiments, le même amour ;  mais quand elle a retrouvé son mari, c'était un mur.
Eh bien ! elle a tellement souffert qu'elle a failli en mourir, parce que justement, pour qu'il y ait du bonheur dans une maison, il faut l'amour. Comprenez-vous ?
Eh bien ! nous, quand nous n'aimons pas Dieu, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe quand nous n'aimons pas Dieu ? Qu'est-ce qui arrive ?
- ...
- Comment ?...  Il y a quelque chose de bien plus grave que tout cela ... Qu'est-ce que c'est ?
- ...
- Non ? Qu'est ce que, qu'est ce qui est, qu'est-ce qui est le plus grave ? Mais non !  C'est que Dieu meurt,  c'est que Dieu meurt, c'est que Dieu est crucifié, non ? C'est ça le péché ! Le péché, c'est une blessure faite au cœur de Dieu. Comprenez-vous ? Non ! Quand nous péchons, c'est pas simplement désobéir à un règlement, quand nous péchons, nous faisons une blessure à quelqu'un qui nous aime, non ? Mais enfin, pourquoi parler de péché ? Est-ce que vous vous êtes décidés à pécher ? J'espère que non !
Non, nous allons penser à cette petite Claire qui est morte dans la joie et à l'autre qui s'appelait Alice et qui est morte avec un sourire. Et nous essayerons - non pas de mourir - mais, au contraire, d'aimer tellement le Bon Dieu que nous n'ayons jamais peur de la mort.
Il ne faut jamais avoir peur de la mort !
- ...
-  Bon ! Nous sommes d'accord, nous allons essayer, n'est-ce pas, en pensant à tous ceux qui sont morts avec le sourire, avec la confiance... Nous essayerons d'aimer le Bon Dieu d'autant mieux aujourd'hui, justement parce que Dieu, ce n'est pas quelqu'un dont on puisse avoir peur ! Dieu, c'est quelqu'un qui nous aimera toujours. Comprenez-vous ? Même si nous péchions tous les jours et tout le jour... Dieu ne pourra jamais cesser de nous aimer. Comprenez-vous ? Et le véritable enfer, c'est de crucifier Dieu.
Comprenez-vous ? Non !
Alors essayons d'aimer, d'aimer pour que Dieu ne soit pas en nous un Dieu crucifié, mais un Dieu vivant et ressuscité. D'accord ?
Alors demandons à Jésus, de faire de toute notre vie, un grand sourire de bonté, de joie et d'amour.
Ecoutez : je donne souvent, comme pénitence, cette petite prière. Les pénitences que je donne sont toujours très courtes !
Alors voilà une petite prière que je donne très souvent comme pénitence : Mon Dieu, rendez-moi transparente à votre Présence, et apprenez-moi à être le sourire de votre bonté.
C'est difficile ? C'est tout. Alors voulez-vous vous lever, nous allons dire cette petite prière, en pensant à tous nos amis qui sont déjà cachés dans le cœur de Dieu.
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, rendez-moi transparente à votre Présence, rendez-moi transparente à votre Présence ... et apprenez-moi à être le sourire de, de votre bonté.

Voilà, vous êtes sages comme des images !"

- Au Caire, au Carmel de Matarieh le 21 mai 1972. 
Homélie de la messe de Pentecôte.
(Source: http://www.chautard.info/2016/05/belle-fete-de-pentecote-tout-commence-aujourd-hui.html)

« Vous vous rappelez la dernière question posée par les apôtres au jour de l'Ascension. Tandis que Jésus les invite à se recueillir et à attendre l'Esprit saint qu'il doit leur envoyer, la dernière question qu'ils lui posent, c'est : « Est-ce en ces temps-là que tu rétabliras le règne en faveur d'Israël ?»
Et voilà la réponse en ce jour de Pentecôte, la réponse inattendue et merveilleuse : le règne de Dieu, le royaume dans lequel Jésus veut nous introduire, il ne peut se construire, il ne peut advenir qu'au-dedans de nous. Le ciel, auquel nous sommes appelés, est justement un ciel intérieur à nous-mêmes, comme nous le dit le pape saint Grégoire : «Le ciel, c'est l'âme du juste.»
Et cette lumière de la Pentecôte est inépuisable, cette lumière est à suivre qui nous conduit du dehors au-dedans. Nous sommes tous esclaves du dehors. Nous voulons jouer un rôle, nous portons un masque, nous désirons exercer une influence, jouir d'une primauté, être loués et admirés et, tandis que nous poursuivons toutes ces exhibitions de nous-mêmes, nous perdons notre substance, nous devenons toujours plus extérieurs à nous-mêmes et nous finissons par n'être plus qu'une apparence d'existence.
Et voilà justement que la lumière de la Pentecôte nous ramène à l'essentiel, nous révèle notre dignité, notre vocation, notre grandeur, notre immortalité, nous révèle notre égalité, notre égalité dans les hauteurs, notre égalité dans l'amour, notre égalité dans le dépouillement, notre égalité dans la pauvreté, notre égalité, notre égalité dans le don de nous-mêmes.

Toute âme, l'âme d'un enfant qui vient de naître, toute âme, tout esprit humain est capable de cette immensité, est appelée à cette grandeur et doit devenir le Royaume de Dieu. Chacun de nous est appelé à avoir et à devenir un dedans... un dedans. Ce petit mot de rien du tout, comme il est merveilleux !
Quand Augustin dit à Dieu : « Tu étais dedans et moi j'étais dehors», il nous fait sentir toute la grandeur de ce petit mot, être dedans, c'est-à-dire être soi-même une source, être soi-même une origine, être soi-même une valeur, un trésor, être soi-même un créateur, être soi-même tout un univers.
Pasternak l'a admirablement compris. Il a une page extraordinaire, bouleversante et magnifique, où il nous montre que les temps nouveaux sont arrivés, les temps nouveaux, les temps de la grandeur. Là où l'on parle, comme dit Tagore, de l'ivresse pour être, les temps nouveaux sont advenus.
Jusqu'ici, on voyait des foules, jusqu’ici on voyait des armées. Jusqu'ici, on voyait, on assistait à la migration des peuples, on comptait par le nombre et par la multitude. Et maintenant, qu'est-ce qui se passe ? Voilà l'Ange qui s'adresse à Marie, voilà le dialogue de l'Annonciation, voilà une toute jeune fille dont le « oui » est attendu, dont le « oui » est indispensable à l'accomplissement de la création et c'est dans le secret de son cœur que se décide le sort du monde.
Désormais, il ne s'agit plus de multitudes, il ne s'agit plus d'assemblées où l'homme est tumultueux. Il s'agit, maintenant, de ce secret d'amour qui se murmure au fond du coeur. Il s'agit, maintenant, de ce dedans où chacun est libéré du dehors, où chacun porte en lui son éternité, où chacun peut devenir, pour les autres, un espace illimité, un ferment de libération et de grandeur.
Rien n'est plus merveilleux, rien ne nous atteint plus profondément, parce que rien ne nous libère davantage. Être libre de soi, mais c'est totalement impossible si on n'a pas trouvé, au fond de son cœur, cette Présence infinie qui est seule capable de nous combler, qui est le seul chemin vers nous-mêmes, le seul chemin vers les autres, la seule signification de tout l'univers. Nous avons donc à recueillir ce merveilleux héritage, à découvrir, ce matin, ce don infini de l'amour éternel.
Pentecôte. Tout commence aujourd'hui. Comme les apôtres sont radicalement transformés quand ils cessent de se regarder, quand ils ne voient plus que le visage du Christ imprimé dans leur cœur !
Comme ils vont partir maintenant jusqu'au martyre, partir à la conquête du monde, nous aussi, nous pouvons, aujourd’hui, naître de nouveau et entrer dans cette immense aventure qui est de donner le monde à la lumière infinie et à l'amour éternel et de consacrer le monde au Christ qui a donné sa vie et qui la donne éternellement aujourd’hui.

En ce jour de Pentecôte, nous pouvons entrer dans cet immense amour dans la mesure, justement, où nous commençons par nous recueillir, où nous commençons par entrer dans ce silence infini où naissent toutes les vies.C'est ce silence qui est l'origine de toute grandeur, c'est dans ce silence que l'on découvre la Présence infinie, c'est dans ce silence que l'on naît à soi, c'est dans ce silence que l'on rencontre toutes les présences, c'est dans ce silence que l'on atteint jusqu'à la racine de soi et jusqu'à la racine des autres.
C'est donc dans ce silence que nous allons nous enfoncer, en demandant au Seigneur de nous communiquer la plénitude de son Esprit et de nous délivrer, enfin, de ce vieux moi qui est usé jusqu'à la corde, de nous donner un point de vue neuf qui soit simplement un regard d'amour vers lui.
Qu'il nous envoie pour donner simplement par notre présence, pour donner au monde cette joie, cette joie de Dieu, cette joie de l'éternel amour, cette joie du visage du Christ après laquelle toute la terre soupire. »

- Livre audio disponible depuis 2016 dans toutes les bonnes librairies
et directement en écrivant
 à :

jocelyne.chemier-mishkin@orange .fr

saintlegerproductions.fr

 

Ce livre a donné lieu à un deuxième entretien (vidéo en deux parties, prochainement disponible).

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Clé des songes 13/02/2017 12:46

Une belle approche de la Foi, un riche témoignage !

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