Il se trouve qu'hier je dinais à côté de quelqu'un qui, à la fin du repas, a dit sa colère que la peine de mort soit abolie en France. Les convives à côté de lui ont été un peu surpris puis ont tenté de donner des arguments qui visiblement ne l'ont pas convaincu. Il défendait l'idée que les prisonniers coûtent cher à la collectivité et qu'il n'y avait aucune raison de dépenser de l'argent pour des gens qui n'en valent pas la peine. Hormis l'aspect humain, je me suis mise à penser à cet argument budgétaire et j'ai fait quelques recherches dont je vous livre les conclusions.

En Corée du Nord, il y a eu 70 exécutions l’an passé dans un pays de 20 millions d’habitants.
Si on choisit de prendre ce pays comme modèle(!) : 70/20 x 60 =210
210 exécutions sur 68 000 prisonniers à ce jour en France représentent moins de 0,3% .
En admettant que le coût global des prisons soit strictement proportionnel au nombre de prisonniers, se débarrasser de 210 personnes allège le budget des prisons de 0,3% par an. Il reste à financer le coût des exécutions…

Je n’ose pas imaginer l’impact sur l’opinion publique d’effectuer plus d'une exécution tous les deux jours en France ! A moins d’organiser des charters de la mort : tous le même jour !
On le voit bien l’argument financier ne tient pas la route.

On sait que l’effet dissuasif ne joue pas sur les tarés qui commettent des crimes horribles. Cela ne fonctionne qu’avec les automobilistes quand ils n’oublient pas qu’il pourrait y avoir un radar.

Alors quels autres arguments peut-on invoquer pour justifier le rétablissement de la peine de mort ? Je n'y vois qu'une position de principe sans rationalité.
Je la comprends encore moins bien quand elle émane d'un catholique pratiquant.
Je l'admets seulement lorsqu'elle est réclamée par des proches de la victime car je ne sais pas comment je réagirais si j'étais personnellement concernée par un meurtre. L'émotion peut faire perdre la raison.

Mais à part cela, la soirée d'hier fut très agréable...