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Parcours initiatique Philosophico-Spirituel à travers mes rencontres et lectures liées au paranormal et à l'ésotérisme.


Les chroniques de Jérôme Choisnet (au-dela-de-mourir.fr)

Publié par Yann-Erick sur 11 Décembre 2015, 15:15pm

Catégories : #Auteurs-Journalistes, #Livres - films - TV - web, #Réflexions:, #Témoignages:, #réflexions

 LE GRAND VOYAGE DE LA CONSCIENCE

 Une accidentée de la route dévoile l’étendue de ses faces cachées

«  Moi Oriane je suis une grande voyageuse et une messagère de l’univers »

LE GRAND VOYAGE  DE LA CONSCIENCE, publié aux Editions du Dauphin, est un ouvrage de Ghislaine de Montangon, mère d’Oriane, une femme — et mère de deux enfants de deux ans et demi et onze mois au moment des faits — qu’un accident de la route à l’âge de 25 ans a réduite à l’état pauci-relationnel, consécutif à un gravissime traumatisme crânien. Elle décède en 2013 à l’âge de 40 ans.

Ghislaine de Montangon (Merci aux Editions du Dauphin)

Cet ouvrage est une nouvelle édition remaniée des Écrits d’Oriane, publiés en 2014, un an après le décès d’Oriane en novembre 2013.
L’état pauci-relationnel est, selon la description du Dr Charbonier auteur de la préface, un état de conscience minimal qui décrit un patient incapable de suivre de manière consistante des instructions simples mais qui démontre néanmoins un certain état de conscience de son environnement.

Un jour du printemps 1999, Oriane se rend à un enterrement. La cérémonie a été avancée d’une heure, Oriane va être en retard, elle fonce sur sa route… Elle manque un virage, percute un premier mur puis un second…  Curieusement, son corps est intact, mais pas son cerveau, atteint de multiples contusions.
Elle reste deux mois dans un coma profond, puis entre peu à peu dans l’état pauci-relationnel, où elle n’a plus l’usage de la parole, ni même la mobilité de la bouche et du visage, et peut seulement ouvrir les yeux et serrer la main. En outre, elle perd la mémoire immédiate : elle ne peut pas se souvenir de ce qui s’est passé la minute d’avant !... C’est ainsi qu’elle réitère plusieurs fois la question à laquelle elle vient de recevoir une réponse l’instant précédent.
Le tableau nous semble d’une noirceur inouïe.
Dans les premières années, Oriane et sa mère Ghislaine s’enlisent dans une souffrance immense.
Oriane réussit à communiquer grâce à son pouce droit resté mobile, qui lui permet de tracer sur une ardoise, mais d’une manière très imprécise et ses phrases ont une syntaxe déroutante. La difficulté de communication avec sa mère et les soignants est considérable.
Mais quatre ans après son accident, un voyage à Lourdes apporte à Oriane un petit miracle — pas celui qu’elle espérait, pouvoir remarcher — mais celui de la découverte de la Communication Facilitée.

La Communication Facilitée et sa variante la Communication Profonde Accompagnée (CPA), font l’objet d’une section à part entière à la fin du livre, section qui pose à cette occasion la question de la nature et de l’origine de la conscience.

La Communication Facilitée (CF) a été créée par la pédagogue australienne Rosemary Crossley dans les années 80, puis importée en France au cours de la décennie suivante par Anne-Marguerite Vexiau, orthophoniste de formation.
Alors que la CF est destinée aux personnes en situation de handicap, notamment les autistes, les trisomiques et autres handicapés moteurs ou mentaux, la psychophanie s’adresse autant aux personnes valides qu’aux personnes handicapées.
La CF n’avait au départ pour vocation que de permettre à des personnes handicapées de communiquer à propos de leurs besoins de la vie quotidienne : ces personnes pouvaient ainsi faire savoir si elles avaient faim, soif, chaud, froid, sommeil…
Le principe concret est simple, voici comment l’explique Anne-Marguerite Vexiau : «  un partenaire de communication, appelé facilitant, soutient la main d’une personne en l’aidant à isoler l’index [ou un doigt resté valide : pour Oriane, ce fut le pouce droit]. Il lui présente des images  ou des mots écrits pour qu’elle les désigne du doigt ».
Notons au passage qu’aux morceaux de papiers et cartons présentant images et mots, s’adjoint aujourd'hui souvent un clavier d’ordinateur.
Or au fil de sa pratique de la CF qu’Anne-Marie Vexiau s’est rendu compte que ce système de communication pouvait être étendu et permettre aux personnes handicapées de communiquer non plus seulement leurs besoins quotidiens mais aussi leur expérience intérieure, souvent très intense !
C’est ainsi que dans cette méthode apparaît finalement la psyché de la personne, voire même son âme, ce qui donne naissance au terme de psychophanie — qu’on peut traduire littéralement par apparition de la psyché — et à la pratique éponyme.

Quant à la CPA, la Communication Profonde Accompagnée, elle a été créée par Martine Garcin-Fradet et mise en œuvre à partir de 2004.
Ainsi que je l’ai mentionné plus haut, Oriane a pu bénéficier de la Communication Facilitée quatre ans après son accident, mais c’est surtout son usage de la CPA, à partir de fin 2010, lui a permis de communiquer beaucoup plus largement avec son entourage et d’accroître sa conscience.
Voici ce qu’elle-même en a dit :
«  C’est une technique très réconfortante pour moi, en complément de toute l’attention et l’amour que je reçois […] Écrire ainsi sur le clavier me transforme en personne digne d’intérêt, je deviens intéressante aux yeux de mes proches et goûte à la joie d’être à nouveau en pleine confiance ici dans ce service si attentionné […] Quelle bonne initiative de venir ici régulièrement me faire écrire mes pensées sur un clavier, ainsi je prouve au monde des bien portants que mon cerveau n’est pas HS ! »

L’ouvrage se compose de trois parties.
   · La première partie relate la première phase de la vie d’Oriane après son accident, une phase où elle s’enfonce « dans un brouillard opaque et sans fin », et où son calvaire use la patience et la bonne volonté de son entourage et finit par l’éloigner d’elle. Cette première partie décrit aussi le parcours d’Oriane dans les divers hôpitaux et autres établissements spécialisés dans lesquels elle a séjourné, 22 établissements au total, que l’auteure recense en annexe 3, avec les dates des séjours correspondants. Ce parcours au sein de structures presque toutes inadaptées au trop lourd handicap d’Oriane, et parmi un corps médical impuissant et parfois ignorant, fut un « gouffre de désespoir, d’un océan de larmes jamais consolées ».
   · La deuxième partie, qui reprend le titre principal de l’ouvrage : Le Grand voyage de la conscience, porte aussi le sous-titre L’aventurière – La nouvelle vie d’Oriane. A partir de 2012 en effet, Oriane commence à accepter son handicap et aperçoit enfin un peu de lumière sur son chemin et retrouve enfin un petit peu de joie à vivre. Et d’où lui vient cette joie ? De la possibilité de s’échapper de son corps physique.
« Je jongle entre les mondes et les dimensions, le matériel, le physique me pèsent de plus en plus et tout ce qui me le rappelle également. Je sais que ce n’est pas encore l’heure mais il m’en coûte de plus en plus de revenir de mes voyages qui me font si légère et aérienne, où j’ai la plénitude de ce que je suis vraiment ».

Cette deuxième partie comprend de nombreux textes d’Oriane, et toute la troisième partie est consacrée à ses écrits, Les plus belles pages d’Oriane, avec quelques notes éparses de sa mère.
   · Voici deux extraits de la troisième partie :

1/ « Un temps viendra où sourire sera l’impulsion première de tous. Soyez-en fermement convaincus. De toute manière, cela EST déjà. Dans une autre dimension, un autre plan, que peu arrivent à approcher pendant leur incarnation ici-bas. Mais écoutez-les… Il est vrai que cela Est, encore une fois !

« Tout, toute personne mérite le sourire impulsion première. Même ceux qui tuent, qui jurent, qui parjurent, qui mentent, oui, je le répète, tout mérite le sourire compassion, car nul, quel que soit son acte, n’est totalement dans l’ombre. Avez-vous déjà vu une ombre sans un rai de lumière, même infime ?

«  Le sourire est fusion des âmes par le cœur. Alors souriez, tous, souriez à la vie, aux autres, sans pitié, sans condescendance, juste par ouverture de cœur.

«  Du cœur part un fil invisible destiné à tisser le lien d’amour ; telle une araignée, il relie aussi l’être à son créateur. Tissez, tissez et tissez encore ! »

2/ 
Son tout dernier message :

« Restez curieux de tout, expérimentez ! Ne vous fermez à rien ni à personne ! Il ne sert à rien d’emmagasiner plein de données, écoutez, ressentez ! Modifiez votre regard sur le monde, sur nous, sur les autres, sur vous ! Faites-vous votre propre vision en l’élargissant toujours.

« Vous n’aurez jamais raison, qui que vous soyez, quelles que soient vos connaissances pointues en un domaine donné ! Soyez dans le mouvement de pensée, toujours ! Accueillez « tout », accueillez tout le monde, ne jugez pas ! »
 

 On notera que le sous-titre de l’ouvrage qui apparaît sur la photo au début de cet article était sans doute provisoire (ou peut-être pour la Belgique ou la Suisse ?). 
En effet, sur le livre que j’ai en ma possession, le sous-titre n’est pas « Une accidentée de la route raconte ses extraordinaires expériences avec l’au-delà » mais « Une accidentée de la route dévoile l’étendue de ses faces cachées » 
Sans connaître les choix qui ont pu motiver l’auteure et l’éditeur à opérer ce changement, le second sous-titre m’apparaît plus fidèle au contenu du livre, qui finalement décrit essentiellement le contraste entre l’emprisonnement et la misère physique d’Oriane et la richesse de sa vie psychique et spirituelle.
Il s’avère qu’Oriane a relativement peu écrit sur la vie de l’âme dans l’au-delà : un bref récit de son expérience de mort provisoire au moment de l’accident, puis quelques paragraphes sur ses voyages dans les mondes subtils.
Elle s’en explique d’ailleurs elle-même :
«  Je ne dirai rien sur l’âme et sur l’esprit, chacun a son opinion personnelle sur ces sujets. Je pense et j’en suis sûre car je l’ai vécu dans mon accident : une partie de moi s’est détachée de mon corps, une partie non visible et pourtant bien réelle que l’on peut appeler esprit ou âme ».

Pour en savoir plus sur la psychophanie, consultez le site d’Anne-Marguerite Vexiau

Pour la Communication Profonde Accompagnée, voici une vidéo de présentation par Martine Garcin-Fradet:

Et voici le site

Et si vous souhaitez approfondir divers aspects de l’après-vie,

mon blog vous attend : Au-delà de mourir

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 Jérôme Choisnet, ingénieur de l’Institut Polytechnique de Grenoble et du Politecnico de Turin, ancien maître de cérémonie funéraire de crématorium, explore le monde de l’au-delà pour ses lecteurs depuis 2018. Il mène ses investigations à partir de la thèse fondamentale selon laquelle l’homme est un être spirituel venu faire sur Terre une expérience d’incarnation temporaire. Responsable d'un Blog et d'une chaine Youtube, il donne aussi pour élévation les chroniques qu'il trouve utiles de partager.
Vous trouverez, ci-dessous ses précédents écrits:

 LES MYSTÈRES DE LA CONSCIENCE

 PRÉMONITION, TÉLÉPATHIE, VOYANCE, SORTIES DE CORPS …

 LES MYSTÈRES DE LA CONSCIENCE  est un ouvrage de Miriam Gablier, publié aux éditions Le lotus et l'éléphant, une collection de chez Hachette Livre, sous la direction de Sébastien Lilli (président de l’INREES).
Il est très riche d’illustrations, réalisées par Emilie Ramon, et son format est assez large, comme on peut le voir sur la photo ci-dessus.
Il y a vraiment abondance d’illustrations, et sur les pages où il n’y en pas, on trouve quand même une présentation pleine de fantaisie dans les formes et les couleurs. Bref, presque un livre pour les enfants !
En tout cas, un parti pris qui facilite l’accès du lecteur à la notion a priori abstraite de conscience.

Miriam Gablier se présente comme une auteure-journaliste. Ancienne thérapeute psychocorporelle, elle est titulaire d’un master de philosophie de l’université de Rouen et prépare actuellement un doctorat en psychologie à l’université de Lorraine, sous la direction de Renaud Evrard.
Elle a écrit de nombreux articles de presse, et avant ce nouveau livre, elle en rédigé plusieurs autres, dont un pour son compte propre et trois en collaboration :

  • La psychologie biodynamique – Une thérapie qui donne la parole au corps, avec François Lewin, 2013
  • Le bonheur est dans le corps – Manuel de psychologie positive corporelle, avec le Dr Olivier Chambon, 2015
  • Tout est encore possible – Manifeste pour un optimisme réaliste, une collection d’entretiens menés en collaboration avec  Stéphane Allix, Réjane Ereau et Sébastien Lilli, 2016
  • La réincarnation – Une enquête aux frontières de la mémoire, 2014

LES MYSTÈRES DE LA CONSCIENCE  est préfacé par Frédéric Lenoir, qui explique que Miriam Gablier «  a su relever un défi ardu : celui de faire acte de pédagogie, afin de permettre à ceux qui le souhaitent d’être équipés face à ce sujet central ».
Miriam Gablier présente quant à elle son ouvrage comme une enquête journalistique, qui entend fournir des points de repère, un fil conducteur, un kit de base. Son ouvrage ne prétend donc pas donner la clé des mystères annoncés dans le titre.
« Un dossier qui est loin d’être bouclé », nous dit-elle.
Deux grandes parties composent cet ouvrage de 220 pages.
La première partie du livre, d’environ soixante pages, est un survol historique de l’avènement de la notion de conscience.
Cette partie nous donne les points de vue de la philosophie, de la psychologie, des sciences et de la spiritualité.
Elle nous fournit aussi une sympathique Boîte à outils du chercheur.
La deuxième partie du livre est une plongée dans les états extraordinaires de conscience et des expériences associées.

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Je vous propose de relever d’abord quelques éléments de la première partie.

Une première chose qu’on peut dire est que la conscience ne peut pas être seulement un objet d’étude, car elle est une expérience subjective : elle est aussi le sujet qui mène l’étude.
Cela nous place dans une circularité aux conséquences majeures.
Une approche rationnelle objective ne pourra pas expliquer la conscience. Certes, il n’est pas question d’évacuer le côté rationaliste objectivant des sciences en général et des neurosciences en particulier, mais il est nécessaire d’élaborer des approches qui fassent se rejoindre objectivité et subjectivité.
Et c’est un challenge de taille.
Les idées et théories que nous élaborons sur la conscience dépendent directement de l’état de conscience dans lequel nous sommes. Un chercheur étudiant la conscience ne peut se contenter de mener une recherche exclusivement intellectuelle, car dans une telle recherche il ne se trouve que dans un seul état de conscience, et n’a donc accès qu’à une vision singulière de la réalité.
Il est nécessaire que le chercheur se place dans d’autres états de conscience pour mener son étude.
La question subjectivité/objectivité nous emmène plus loin, jusqu’à poser la question du sujet conscient : y a-t-il bien un tel sujet ?
Certains courants de pensée considèrent qu’il n’y a pas de sujet, ni d’objet, c'est-à-dire pas de monde. Ce que nous appelons le monde ne serait en fait que des relations dynamiques, il n’y aurait pas d’objets statiques bien définis.

Voyons la boîte à outils du chercheur
Il y a essentiellement deux outils : les niveaux de conscience d’une part, et d’autre part les paradigmes ou systèmes.

 Niveaux de conscience : on peut dégager un consensus sur l’existence de 4 niveaux, voire 5 selon certains points de vue.

  1. La conscience pure, ou primaire, ou phénoménale

Miriam Gablier en parle au conditionnel : « La conscience primaire serait le vécu intime et immédiat qui adhère à la présence. Ce vécu ferait alors apparaître tout ce qui se donne à nous. [Elle] serait donc le flux d’apparaître incessant dans notre vie de conscience, duquel rien ne pourrait être exclu. »
Pour décrire ce niveau, Miriam Gablier se réfère essentiellement à Michel Bitbol, un philosophe selon qui la conscience pure est une expérience « dénuée de jugement sur ce que sont les choses, privée de distance vis-à-vis de son objet, dépouillée de toute signification, adhérant aux faits tels qu’ils sont, ne reconnaissant ni passé, ni futur si ce n’est en tant que sentiment présent ».

  1. La conscience réflexive

C’est depuis cette conscience réflexive que nous réalisons que nous faisons une expérience psychique et sensible. C’est un acte de « récursivité qui fait que le sujet devient conscient de lui-même, dans un mode plus ou moins alerte et éveillé ».
C’est essentiellement sous cet angle de réflexivité qu’est vue la conscience telle qu’étudiée par les neurosciences.

  1. La conscience de soi

La conscience de soi fait moins l’objet de débats.
« La conscience de soi est une fonction d’autoreprésentation qui se rajoute à la conscience réflexive, par une nouvelle récursivité ».
Elle pose la question du sujet de la conscience, du soi évoqué dans la conscience de soi, ce qui est une question fondamentale traitée différemment selon que le cadre de pensée soi t la métaphysique ou la psychologie.

  1. La conscience morale

La conscience morale rajoute un niveau de récursivité : elle est conscience de la conscience de soi, à un niveau où interviennent les valeurs, le jugement et l’affect.

  1. La conscience absolue ou divine

Ce niveau n’est pas l’objet d’étude de la science, il est pensé seulement dans un cadre religieux ou spirituel.
Il y a le point de vue dualiste : « le divin a créé le monde, puis il s’en est en quelque sorte retiré », ce qui sépare la matière d’un côté et la conscience ou l’esprit de l’autre.
Et il y a le point de vue idéaliste, selon lequel n’y a que Conscience, ou Esprit, ou Absolu. Chaque chose ou événement est le reflet par lequel l’Absolu se révèle à lui-même.
En fait le terme de conscience n’est pas adapté à ce niveau de L’Absolu, car ce terme évoque l’idée de conscience de quelque chose, ce qui est dualiste, alors que l’Absolu ne l’est pas du tout, ce qui correspond néanmoins à l’idée d’une conscience sans objet, comme le formulent certains courants de pensée.
« La conscience serait l’apparaître de l’absolu et non l’absolu en lui-même ».
Ceci nous amène aux paradigmes et systèmes
C’est la jungle des « ismes » : dualisme, monisme, matérialisme et physicalisme, réductionnisme, éliminativisme, fonctionnalisme, panpsychisme.
L’idée remarquable ici est que « Plutôt que de voir ces paradigmes comme s’opposant aux autres, il pourrait être possible de considérer que chacun d’entre eux correspond à un niveau de conscience ou à un mode d’être particulier », nous dit MG.

  • Le dualisme réduit le monde à deux principes premiers : la matière et l’esprit, le corps et l’âme.
  • Le monisme stipule qu’il n’y a qu’une seule chose dans le monde. Alors quelle est-elle ?

Il s’avère qu’il y a plusieurs monismes : le monisme qui pense que tout est esprit engendre l’idéalisme.
Celui qui pense que tout est matière engendre le matérialisme puis le physicalisme.
Mais il y a aussi un monisme neutre, pour qui l’unique entité première n’est ni esprit ni matière, mais une entité neutre. Spinoza est un moniste neutre, son entité première est un Dieu non personnalisé, une substance cause de soi.

  • L’éliminativisme et le fonctionnalisme sont deux dérivés du réductionnisme, une doctrine qui joue un rôle majeur dans la science et selon laquelle il faut couper un problème en sous-problèmes, puis en sous-sous-problèmes et ainsi de suite. Quand on résout tous les sous-sous-problèmes de niveau le plus bas, en remontant l’échelle on finit par résoudre le problème de départ.
  • Le matérialisme, qui stipule que tout est matière ou phénomène physique, s’est prolongé à partir du XIXe en physicalisme, un paradigme qui affirme que tout ce qui existe est l’objet de la science physique. Ainsi, le monde du vivant et même la conscience sont réductibles à la chimie et en définitive à la physique.
  • Décrivons enfin le panpsychisme :

Le panpsychisme apparaît, écrit MG, « lorsqu’un physicien physicaliste croit que tout ce qu’il y a dans le monde est physique, mais constate tout de même que rien dans les lois de la physique actuelle n’évoque de près ou de loin la possibilité que la conscience émerge. « Par conséquent, il décide d’ajouter une propriété supplémentaire, qu’il appelle propriété psychique ─ ou protopsychique ou protoexpérientielle ─ et devient un panspsychiste », détaille Michel Bitbol. […] Le panpsychisme répand alors la conscience primaire partout dans le monde en soutenant que les objets ont eux-mêmes une expérience de leur condition ou de leur environnement. »
L’ajout d’une propriété supplémentaire psychique ou protopsychique est ce qu’a proposé notamment Emmanuel Ransford avec son idée de psychomatière ou holomatière. J’en parle dans l'une de mes  chroniques précédentes Emmanuel Ransford – de l’holomatière à l’au-delà, ici même.

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La deuxième partie de l’ouvrage  commence par nous donner des aperçus sur les domaines de la parapsychologie, la métapsychique, ainsi que la psychologie anomalistique.
Miriam Gablier nous raconte ici brièvement la naissance de la SPR, Society for Psychical Research, une société britannique de chercheurs en parapsychologie, dont furent membres notamment le père de la psychologie américaine, William James, le philosophe Henri Bergson, le prix Nobel de médecine Charles Richet, et les psychanalystes Freud et Jung.
La psychologie anomalistique est une branche de la psychologie qui recueille tous les témoignages d’expériences qualifiées d’anomales, et cherche à les décrire et les expliquer par des hypothèses conventionnelles de la psychologie, et à mesurer leur impact psychologique mais aussi social et culturel.
MG nous rapporte une phrase de son entretien à ce sujet avec Renaud Evrard, enseignant-chercheur à l’université de Lorraine (c’est d’ailleurs, sauf erreur de ma part, le directeur de thèse de Miriam Gablier) :
«  Nous ne pouvons pas douter du fait que des gens croient au paranormal, et qu’ils disent faire l’expérience du paranormal. Cette réalité sociologique mérite un champ d’étude. C’est celui de la psychologie anomalistique. »

Il y a une foule de choses extrêmement intéressantes dans cette deuxième partie de l’ouvrage, mais je vous propose d’aller examiner ce qu’on trouve à la section finale, consacrée aux phénomènes liés à la survie de l’âme, sur les vingt dernières pages.
La survie de l’âme est en fait évoquée plus tôt  dans l’ouvrage, lorsque Miriam Gablier raconte que les chercheurs en parapsychologie avaient d’abord brièvement envisagé l’hypothèse de la survie de l’âme pour expliquer certains phénomènes paranormaux, puis avaient écarté cette hypothèse. Tout au moins la plupart des chercheurs, car quelques-uns comme Stephen E. Braude n’écartent pas du tout l’hypothèse, bien qu’ils affirment qu’il est impossible de la prouver, car ils restent dans le paradigme scientifique matérialiste, ce qui les conduit à déclarer qu’il s’agit d’une indécidabilité scientifique.
Considérer la survie de l’âme comme une hypothèse n’est pas du tout ma position.  Pour moi la survie de l’âme ne pose pas question, bien que je me pose par ailleurs beaucoup de questions et que j’invite chacun à faire de même et à penser par lui-même.

Quant à la position de Miriam Gablier, je l’ignore, elle ne se prononce pas, ce qui n’est guère surprenant compte tenu de son profil de journaliste d’investigation, qui plus est chercheuse universitaire.
Mais je me suis réjoui de trouver dans ce livre une belle citation de Goethe :
 « L’âme de l’homme est comme l’eau, elle vient du ciel, vers le ciel elle remonte, puis elle revient sur terre, en un va-et-vient incessant ».  (Extrait du Chant des esprits sur les eaux).

Cette citation me fait penser à l’analogie du cycle de l’eau et du cycle de vie de l’âme, que je décris dans l’article Apprivoiser la mort de mon blog Au-delà de mourir.
La conviction de la survie de l’âme est assez populaire en Occident, de 20% à 50% de la population selon les sondages.
Dans cette section finale de l’ouvrage consacrée à la survie de l’âme, Miriam Gablier décrit plusieurs aspects de la médiumnité et nous raconte à ce propos l’histoire remarquable des Correspondances Croisées, qui occupera pendant trois décennies les chercheurs de la Society for Psychical Research.
Voici l’histoire.

À partir de 1906, après les décès successifs de trois des quatre fondateurs de la SPR (Edmund Gurney en 1888, soit six ans seulement après la fondation en 1882, Henry Sidgwick en 1900 et Frederic Myers en 1901), des femmes médiums qui ne se connaissaient pas entre elles ont commencé à transmettre d’étranges messages, annoncés comme provenant de ces trois fondateurs décédés.
« Or, à mesure que les messages d’outre-tombe se précisent, plusieurs bizarreries se font jour. D’une part, ils contiennent, ou semblent contenir, une foule d’informations exactes sur Myers et ses amis, et prolongent de façon saisissante leurs réflexions ante mortem —à un niveau spéculatif qui semble échapper le plus souvent aux médiums qui les reçoivent. D’autre part, il apparaît, lorsqu’on les réunit et qu’on les compare, qu’ils se renvoient les uns aux autres par des allusions subtiles et forment comme une mosaïque dont chacun ne détient qu’une partie », explique Bertrand Méheust dans son ouvrage Somnambulisme et Médiumnité.
Le phénomène est déjà confondant en soi, et le contenu des messages est aussi  remarquable puisqu’il s’agit de discussions minutieuses sur les modalités de la médiumnité et le statut du soi !
Tout cela porte à croire que les trois fondateurs trépassés ont reformé un collège d’outre-tombe…

Les pages 212 à 219 de l’ouvrage traitent de la réincarnation, un thème de prédilection de Miriam Gablier, puisque — comme je l’ai mentionné au début de cette chronique — elle y a consacré un ouvrage à part entière :
La réincarnation, une enquête aux frontières de la mémoire, publié en 2014 aux Editions de La Martinière.
On retiendra notamment que l’idée de renaissance, présente sur tous les continents et depuis l’Antiquité, s’est éclipsée en Occident au Moyen-âge, puis est revenue peu à peu à l’occasion du retour des idées
grecques au XVIIe siècle, notamment celles de Platon. Et c’est en 1857 qu’Allan Kardec, l’initiateur du spiritisme, introduit le terme de réincarnation.

MG observe pertinemment que le phénomène pose un défi conceptuel, celui qui s’articule autour des questions « Quelle est la nature de ce qui se réincarne ? » et « Peut-on qualifier ce qui se réincarne de sujet d’expérience consciente ? »

Cet ouvrage est vraiment très riche, j’ai passé sous silence une quantité de choses importantissimes, donc je ne peux que vous recommander d’aller le lire et l’étudier si le sujet de la conscience vous intéresse !
Pour d’autres aperçus sur la conscience, vous pouvez bien sûr aller consulter la page d’Élévation consacrée à l’interview de Stéphanie Honoré par Yann-Erick : La face cachée de la conscience

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La conscience quantique et l'au-delà (Emmanuel Ransford)


Le paral supralé, ça vous dit quelque chose ? Non ?!
Et bien c'est comme cela qu' Emmanuel Ransford définit la conscience, dans son ouvrage La conscience quantique et l'au-delà.
L'auteur de cet ouvrage est un champion des néologismes, il les affectionne particulièrement — en tout cas les siens —, en plus d'adorer les mots et les histoires, ce qui a lui a permis de produire un ouvrage à mes yeux tout à fait compréhensible même pour un lecteur non scientifique, à condition toutefois d'accepter de se familiariser avec les nouveaux vocables introduits.

Emmanuel Ransford est un physicien, diplômé de la fameuse École Polytechnique et auteur de plusieurs ouvrages sur les liens entre la physique quantique d'une part, et d'autre part l'esprit et la conscience.
Mais pour comprendre la définition qu'il nous donne de la conscience, il va nous falloir connaître un minimum de cette curieuse physique quantique, et ensuite comprendre la vision singulière qu'a E. Ransford de cette physique déjà fort étrange.

Le concept de base introduit par Ransford est celui de holomatière. Ce terme est venu remplacer l'ancien terme de psychomatière qu'il avait d'abord utilisé en élaborant sa théorie, vocable peut-être plus parlant pour le néophyte que le mot actuel d'holomatière.
Ce dernier est construit à partir du préfixe grec holo-, que l'on trouve par exemple dans hologramme, ou dans holistique, et qui signifie entier, intègre.
La physique quantique est franchement déroutante, elle est pleine de bizarreries, et E. Ransford nous pose la question : est-on obligé d'admettre que cette physique soit déroutante ? N'aurions-nous pas raté quelque chose, qui donnerait un sens à ces bizarreries apparemment inexplicables ?
Et bien oui, nous dit-il, nous avons sans doute raté quelque chose, il manque une pièce au puzzle de la physique quantique, et cette pièce, il affirme qu'il nous l'apporte avec son concept d'holomatière.

Selon E. Ransford, la matière a deux facettes, deux aspects :
le premier aspect est celui de la matière que l'on connaît habituellement, et le second est un aspect doué d'une forme de conscience latente, une protoconscience.
Et ce double visage de la matière est lié à une double causalité :
· une causalité exogène ou exocausalité : loi causale exogène à l'être, non modifiable, donc subie par l'être, ce qui la rend figée et déterministe.
· une causalité endogène ou endocausalité : loi causale endogène à l'être, choisie par lui, et ainsi modifiable et potentiellement fluctuante, donc non-déterministe.

Cette double facette de l'holomatière et cette double causalité permettent aussi à E. Ransford de proposer une théorie particulière sur le rapport entre conscience et cerveau.

La plupart des scientifiques qui défendent la thèse de la survivance de l'âme après la mort du corps, comme le Dr Olivier Chambon et le Dr Jean-Jacques Charbonier, décrivent le cerveau comme l'équivalent d'un poste de télévision qui capte la conscience.
Or comme chacun sait, s'il n'y a plus de téléviseur, les émissions de télévision sont pour autant toujours là ; et bien il en va de même pour le cerveau et la conscience : quand il n'y a plus de cerveau, la conscience est toujours là.

Cependant E. Ransford a une vision un peu différente de cela : pour lui, le cerveau a une part active, il crée une certaine conscience, qu'il appelle du paral supralé.
De quoi s'agit-il ?
Définissons tout d'abord le paral : c'est ce deuxième aspect de l'holomatière, aléatoire et endocausal. C'est une phase transitoire et furtive par laquelle passe l'holomatière ; cela concerne en fait les constituants élémentaires de la matière.
Et ces phases parales peuvent tisser entre elles des liens que Ransford qualifie à l'aide d'un autre néologisme de son cru : des suprels, ou encore des liens suprals. Ces liens se manifestent par une propriété connue comme la non-séparabilité (ou encore non-localité, ou enchevêtrement, ou intrication).
Avec ces liens entre phases parales, on obtient du paral supralé, et c'est cela que produit le cerveau, selon Ransford.
Mais venons-en à l'au-delà.

E. Ransford distingue deux grands niveaux de l'au-delà, l'un « proche » et immanent, l'autre « lointain » et transcendant.

Le premier niveau résulte du fait que nos vécus terrestres génèrent des suprels qui perdurent dans l'univers de manière indéfinie et sont déposés dans une grande toile suprale. Ces suprels que nos vécus terrestres génèrent constituent pour chacun de nous une métaconscience individuelle qui subsiste indéfiniment après notre trépas et constitue ainsi un au-delà individuel.
Ransford précise que " la métaconscience est un fonds documentaire à la fois privé, personnel et en partage. Il est disponible à tous, partout et en permanence. [...] Communiquer avec les morts, c'est en fait capter et mobiliser, ou « raviver », une portion plus ou moins vaste de leurs métaconsciences. "

Maintenant, avant d'aborder le second niveau de l'au-delà, reparlons d'abord de causalité.

Nous avons vu qu'il y a deux types de causalité. Il s'avère qu'elles sont généralement en jeu toutes les deux à la fois, sauf dans un cas, où l'on parle alors d’ur-causalité : le cas où l'endo-causalité est totale.
L’ur-causalité est la causalité par excellence, la capacité de créer de façon illimitée, jusqu'à la capacité de se créer soi-même et de " se décréer ", et ceci de manière réversible et fluctuante.
Cette capacité est l'apanage de l'être ur-causal, qui n'est autre que l'être suprême... pour ne pas le nommer : Dieu.
De la nature même du divin ur-causal découle la notion de ur-delà :
" L'ur-delà est un au-delà « optionnel » que peut choisir (ou non) de créer, pour chacun d'entre nous après sa mort charnelle, le divin ur-causal. S'il est donné à quelqu'un de survivre dans l'ur-delà, alors cette personne devient immortelle. Ou plutôt, atemporelle. "

Pour résumer, il y a deux niveaux d'au-delà selon E. Ransford : le premier, auquel tout le monde a accès, n'est qu'un sous-produit (ou plutôt un sur-produit) de nos vécus terrestres ; le second, quant à lui... est aléatoire. Ceci n'est finalement pas très réjouissant...

Néanmoins, Ransford émet une hypothèse supplémentaire dans l'une des annexes de son ouvrage : il généralise la notion d'holomatière en une notion de substance d'univers, et considère que les substances d'univers sont une multiplicité virtuellement infinie de mondes parallèles ou de plans de réalité, qui constituent autant d'au-delà offerts à l'âme après la mort physique.

   

Pour avoir un autre aperçu de l'ouvrage d'Emmanuel Ransford, je vous invite à lire la chronique correspondante sur mon blog :

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Les miracles de l’esprit : l’essai de Bertrand Méheust

 

Bertrand Méheust, né en 1947,  professeur de philosophie retraité, est également docteur en sociologie. C’est donc a priori une figure du paysage universitaire.

Par ailleurs, il est membre du comité directeur de l’Institut Métapsychique International, et à ce titre il est susceptible de méfiance de la part des élites intellectuelles françaises, car le métapsychique, ce n’est pas du psychique, ce n’est pas de la psychologie, l’université française ne reconnaît pas cela comme une branche de recherche et d’enseignement.

Tout simplement parce que le métapsychique et le paranormal, ça n’existe pas aux yeux de l’écrasante majorité des universitaires français : le monde universitaire scientifique va jusqu’à dénier l’existence des phénomènes qualifiés de paranormaux.

Mais Bertrand Méheust n’a pas l’intention, bien que quasiment tout le monde adore les débats d’idées, de nous replonger dans celui de la réalité des phénomènes paranormaux, comme il l’écrit dans les premières lignes de l’avant-propos à son ouvrage :

«  Je pense que ce débat est maintenant derrière nous et qu’il est temps de réfléchir librement ».

Et réfléchir (librement), c’est bien ce que nous propose l’auteur, car dès la table des matières, on comprend que le livre qu’on a entre les mains est un ouvrage d’érudit : dans ses Préalables, Méheust nous annonce qu’il va nous entretenir de métagnomie et de spirale herméneutique.

Bigre ! Si on n’est pas un tantinet familier du maniement de son propre intellect, on risque d’avoir du mal à suivre. 288 pages, rien d’impressionnant, mais indigestes de la première à la dernière ?

En fait non, l’ouvrage n’est pas si ardu. En tout cas c’est ce qu’affirment deux commentaires sur Amazon :

« Cet ouvrage est accessible à tous, d'une lecture agréable », « analyse à la portée de M. Toutlemonde », 

« Mais comment Bertrand Méheust fait-il pour rendre aussi clair [sic] ces données historiques que notre société s'obstine à enfouir ? Cela se lit avec tant de plaisir, et pourtant c'est une somme d'érudition... Un régal ! »

Quant à moi, je ne l’ai pas encore lu en totalité au moment où je rédige cette chronique, mais je m’impatiente de pouvoir le faire, n’ayant eu accès pour l’instant qu’à un aperçu.

 Le terme savant de métagnomie est simplement une version un peu plus subtile de ce qu’on nomme la voyance, que Méheust mentionne explicitement dans le sous-titre de son livre : « Qu’est-ce que les voyants peuvent nous apprendre ? »

Ce que Méheust, lui, nous apprend, c’est qu’il emprunte le terme de métagnomie au Dr Osty, (ancien directeur de l’IMI de 1935 à 1938), pour désigner l’ensemble des facultés de connaissance extralucide. A notre époque, c’est un terme presque encore vierge, on n’y a pas projeté de préjugés.

La métagnomie regroupe la télépathie (communication directe d’esprit à esprit), la clairvoyance (possibilité d’un accès direct aux choses), la précognition (connaissance d’événements futurs) et la télékinésie (action à distance sur la matière).

 

Voyons une précision importante que nous apporte l’auteur sur les disciplines de recherche autour des facultés extralucides.

Les sciences (méta)psychiques se divisent en deux branches :

1.      La métapsychique proprement dite, «  née en France au début du XXe siècle, se propose l’approche qualitative et macroscopique des phénomènes psi, saisis dans leur spécificité individuelle et culturelle, et observés chez des sujets doués. »

2.      La parapsychologie, « née dans les années 1930 aux Etats-Unis, vise au contraire à les étudier sous un angle quantitatif et statistique en utilisant les procédures standardisées du laboratoire.

Après cette précision préalable, il est temps d’indiquer l’objet central de l’ouvrage : c’est de réfléchir au mystère de la mémoire : « nous allons confronter aux données des sciences psychiques, écrit Bertrand Méheust, la conception individualiste, mécaniste et localiste de la mémoire qui prévaut aujourd’hui. »

Pourquoi la mémoire ? Tout simplement parce que l’acte métagnomique est parfois difficile à distinguer de l’acte mémoriel le plus banal.

Et quelle est la place de l’étude de la mémoire dans les recherches en sciences psychiques ?

Pour répondre à cette question, commençons par souligner que l’acte de métagnomie semble exclure à la fois la mémoire et la perception. Pour rendre compte du fait que le voyant accède à une information sans passer par ces deux canaux, il faut donc postuler une extension de l’une de ces deux facultés ou des deux à la fois, ou encore postuler l’existence d’une troisième faculté encore inconnue.

Bertrand Méheust nous explique que, après l’hypothèse de Mesmer puis celle du Prix Nobel Charles Richet, on a dû renoncer à mettre en évidence une extension de la perception.

Les recherches se sont alors tournées vers l’hypothèse de ce qu’on pourrait appeler l’hyperespace du sens et de la mémoire, et c’est dans cette direction que se situe l’essai de Bertrand Méheust.

Après d’autres considérations théoriques préliminaires, il consacre une bonne partie de son ouvrage à l’étude de voyants plus ou moins connus : Leonora Piper (1857-1950), Stephan Ossowiecki (1877-1944), Joseph MacMoneagle (né en 1946), Ingo Swann (1933-2013), Alexis Didier (auquel Méheust a consacré par ailleurs un ouvrage spécifique) et Maud Kristen (née en 1964).

La suite du livre est centrée sur l’hypothèse d’une métamémoire, qui « surplomberait » la mémoire d’usage courant tout en travaillant en synergie avec elle, écrit Méheust. Pour appuyer sa réflexion, Méheust convoque Proust, Ellenberger, Deleuze, Lévy-Bruhl, mais ne cite pas une seule fois Jung et la notion d’inconscient collectif, ce qui m’étonne fort.Comme nous l’avons vu, Bertrand Méheust n’a pas voulu, dans son ouvrage, revenir sur la discussion autour de la réalité des phénomènes psi, (sauf dans un paragraphe de son premier chapitre), mais il nous rappelle qu’il y a participé dans le passé. Il a en effet écrit en 2004 un ouvrage intitulé « Devenez savants : découvrez les sorciers, Lettre à Georges Charpak » en réponse au pamphlet intitulé « Devenez sorcier Devenez savants » co-écrit par Charpak, Prix Nobel de physique en 1992, et Henri Broch, directeur du Laboratoire de zététique de l’Université de Nice.

Rappelons à ce sujet les propos tranchants du Père François Brune qui écrivait en 2005 dans Les morts nous parlent : «  N’attendons rien des scientifiques, du moins dans notre pays. Récemment encore un de nos Prix Nobel prêtait son autorité à un de ces pourfendeurs de paranormal. Mais je n’ai jamais entendu dire dans aucun des groupes de chercheurs en ce domaine que j’ai rencontrés, en France ou à l’étranger, que ces « scientifiques » se soient jamais donné la peine de venir vérifier par eux-mêmes la rigueur des expériences effectuées. » Et un peu plus loin sur la même page : « Je citerai plus particulièrement, parmi d’autres, les ouvrages de Bertrand Méheust, d’une érudition et d’une rigueur exemplaires. »

Pour conclure, je dirai à nouveau que je m’étonne que Méheust ne mentionne pas une seule fois Jung (la recherche de ce mot dans l’ebook renvoie « zéro résultats trouvés »). Je suis moins surpris que Méheust ne mentionne aucun courant ésotérique, mais tout aussi déçu, car à mes yeux, l’ésotérisme a autant de lettres de noblesse que la métapsychique et la parapyschologie. Comment peut-on se permettre d’ignorer délibérément un trésor de connaissances qui explique toutes les facultés humaines par une constitution occulte de l’être humain composée de divers corps  subtils ? L’ésotérisme serait-il trop étranger au paradigme scientifique actuel pour que les sciences psychiques s’y intéressent ? Si les sciences psychiques ne remettent pas en cause ce paradigme et se contentent de l’étendre, elles finiront tôt ou tard dans une impasse…

Jérôme Choisnet
au-dela-de-mourir.fr

      

Pour en savoir plus sur Bertrand Méheustvoici son site web (pas mis à jour depuis un moment), et vous pouvez aussi écouter un podcast d’une communication qu’il a donnée en 2012 lors d’un colloque sur les états modifiés de conscience, organisé avec le concours de l’Académie des Sciences et l’Académie des sciences morales et politiques : podcast communication Méheust

Pour en savoir plus sur la voyance et les médiums, vous pouvez bien sûr cliquer sur la catégorie MEDIUMS/VOYANTS d’ELEVATION

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Retrouvez Jérôme Choisnet sur son Blog et sa chaine YouTube :

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