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 élévation

élévation

Parcours initiatique Philosophico-Spirituel à travers mes rencontres et lectures liées au paranormal et à l'ésotérisme.


Nouvelle chronique de Jocelyne Chemier-Mishkin sur élévation

Publié par Yann-Erick

Catégories : #infos

« Le secret de la vie, c’est de l’accepter. Discutez-la tant que vous voudrez, mais d’abord, acceptez-la. »

Katherine Mansfield

(1888-1923. De son vrai nom Kathleen Beauchamp, écrivaine et poétesse britannique d’origine néo-zélandaise)

Il y a fort longtemps que j’ai recopié cette parole dans mon classeur noir qui recueille minutieusement toutes mes notes de lecture depuis que ma quête intérieure me poursuit.
Je devais avoir une vingtaine d’années quand j’ai été interpellée par cette injonction lancée comme dans l’urgence. Je n’ai pas cherché à découvrir qui était cette auteure mais j’ai su immédiatement qu’elle avait raison.
Pourtant, je ne savais que très peu de choses de la vie. Je n’avais pas encore connu le chagrin de voir s’envoler les êtres aimés, je ne connaissais pas encore l’angoisse de retrouver du travail, je n’avais pas encore fait de mauvais casting dans le choix de mes amis ou de mes amours, je n’avais pas encore été éprouvée par la maladie, je n’avais pas encore été trahie par ceux en qui j’avais mis toute ma confiance, je ne m’étais pas encore assez révoltée contre les injustices de notre monde, bref « je n’étais pas encore ».
Malgré tout, je savais d’intuition qu’il fallait accepter la vie, non pas, bien entendu comme une fatalité ou comme une pseudo-imposition divine, mais, au contraire, comme un chemin quasi initiatique dont je ne connaissais pas l’itinéraire mais dont je pouvais assurer qu’il me mènerait à ma bonne destination.
A ce jour, je ne suis pas encore arrivée et je continue à me poser tous les pourquoi et les comment du monde sur ce qui m’arrive ou ne m’arrive pas d’ailleurs. Pour la majorité des croyants, Dieu est aux manettes : « Dieu donne à la mesure de que l’on peut supporter ! ». Mais, de quel « Dieu » parlons-nous ?! Cela évoque le karma des religions indiennes : j’ai ce que je mérite et je dois supporter ce qui m’arrive pour expier mes fautes antérieures. Pourquoi pas, après tout ? En soi, l’idée est bonne, « juste », mais est-ce vraiment le sens de la parole de Katherine Mansfield qui ne s’embarrassait ni de Dieu ni de Bouddha ? Je ne pense pas.
Accepter sa vie (même en la discutant !) ne reviendrait-il pas plutôt à accepter que ma vie ne soit pas tout à fait celle que je m’étais tracée et qu’elle se construit avec des créatures humaines, animales, environnementales…que je choisis ou pas ? Accepter ma vie, n’est-ce pas finalement accepter de ne pas être maître de ma vie mais de faire de sa vie, un maître, mon maître. Je m’explique : chaque épreuve ou chaque joie, porte en soi, (si nous le voulons bien), un enseignement, qui peut se révéler être un fabuleux processus de libération intérieure. Le mystique et guérisseur spirituel Maître Philippe allait même jusqu’à dire que nous bénirions nos épreuves si nous en connaissions les raisons. Vies antérieures donc, de nouveau, karma ? L’essentiel n’est pas là, n’est plus là. Il réside bien plutôt dans l’idée que je peux faire de ma vie et de tout ce qui la compose de bon, de beau, de mauvais, de laid, « matière » à grandir, à me redécouvrir. « J’ai pris de la boue et j’en ai fait de l’or » assurerait Baudelaire.
Et Dieu dans tout cela ? Dieu EST Amour et nous sommes sur ce plan physique et matériel pour une seule et unique raison : « Apprendre à aimer » c’est-à-dire apprendre à réintégrer notre vraie nature céleste et éternelle. Dieu est toujours là, toujours déjà là, même si nous ne voulons pas l’admettre, même si nous ne pouvons Le sentir. Dieu Amour EST là ici et maintenant. Notre Source, notre Origine.
Pour compléter l’inspiration si forte de Katherine Mansfield, voici cette puissante prière du poète indien Rabindranath Tagore qui souligne qu’il n’y a pas d’autre issue que d’accepter sa vie, - garantie même de notre liberté divine fondamentale -, mais que, malgré tout, heureusement, nous ne sommes jamais seuls. Jamais, pour toujours.

Que je prie, non pour être préservé(e) des dangers,
mais pour les regarder en face.
Et que je ne demande point l’apaisement de ma souffrance,
mais le cœur qu’il me faut pour la surmonter.
Que je ne m’attende point à des alliés, sur le champ de bataille de la vie,
mais à ma propre force.
Que je n’implore point avec crainte pour être sauvé(e),

mais que j’aie foi en la patience pour conquérir ma liberté.
Accorde-moi de n’être pas ingrat(e),
sachant qu’à Ta seule miséricorde, je dois mes succès :
mais si je succombe, que l’étreinte de Ta main me secoure.

Jocelyne Chemier-Mishkin, Mai 2017

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