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 élévation

élévation

Parcours initiatique Philosophico-Spirituel à travers mes rencontres et lectures liées au paranormal et à l'ésotérisme.


Bruno Blum

Publié par Yann-Erick sur 17 Septembre 2014, 21:31pm

Catégories : #Auteurs-Journalistes, #musiques

En attendant de voir notre entretien vidéo sur le Véganisme et aussi la musique Vaudou et plein d'autres choses extraordinaires, voici l'interview de Laëtitia concernant le livre "De Viandard à Végane" (Mama éditions).

Laetitia :

La première réflexion qui me vient à l'esprit est : Ce livre va finir de convaincre les personnes déjà végétariennes ou véganes (et nous exhorte même à aller encore plus loin) mais les autres, les carnivores purs et dures, pensez-vous qu'ils vont avoir envie d'acheter votre livre ? Avez-vous eu des témoignages de carnivores convertis grâce à votre livre?

Bruno Blum :

Oui j'ai sans arrêt des retours très positifs pour ce livre, y compris de novices en matière d'alimentation non carnée, ce qui me fait très plaisir. Le dernier en date est mon épicier, végane heureux depuis bientôt deux mois ! Un nombre grandissant de personnes comprennent les questions éthiques, de santé et d'environnement dont je parle et mon livre raconte ça de façon accessible, marrante et à la fois sans concessions, ce qui correspond à la demande. J'ai aussi pas mal de lecteurs intéressés par mon parcours de musicien et de musicologue, et même de journaliste puisque j'ai été journaliste de rock dans ma jeunesse.

Évidemment le défi reste néanmoins de toucher le grand public, et en France en raison du retard pris sur l'Allemagne, Israël, l'Angleterre ou les États-Unis dans ce domaine, la plupart des médias ne comprennent pas encore l'enjeu crucial que constitue le mouvement végane. L'actualité se chargera de le leur rappeler. En voici un exemple : selon l'ONU et nombre d'observateurs sérieux, la cause numéro un du dérèglement climatique est la filière viande, notamment en raison de la déforestation massive pour produire les énormes quantités de protéines végétales servant à nourrir les animaux d'élevage. Le soulèvement contre Assad en Syrie est parti d'une sécheresse de plusieurs années qui s'est muée en famine puis en Daech. La guerre au Proche-Orient, les réfugiés syriens en Europe (sans parler des Soudanais, des Érythréens, des Lybiens, etc.) sont la conséquence directe de la consommation inutile et destructrice d'animaux. Ça va finir par se savoir.

Laetitia :

Être un homme végane , dur, dur ! C'est pas très viril ? Comme vous le dîtes : "c'est un peu une truc de femmelette" ?
Plus facile d'être une femme végane, car c'est plus admis qu'elle fasse preuve de sensiblerie et suive la mode ?
Vraiment, c'est toujours le cas en 2016 ?

Bruno Blum :

C'est un stéréotype stupide que de considérer que les hommes véganes manquent de virilité. Je ne crois pas que grand-monde croie vraiment à ça d'ailleurs. Et si malheureusement c'était le cas, ce serait absurde puisque la puissance sexuelle dépend directement d'une bonne santé et d'un bon équilibre psychique, qui sont des tendances caractéristiques des véganes. Être végane c'est simplement être informé , c'est une forme de noblesse. Mon livre est très sérieux et documenté mais il est écrit sur le ton de l'humour, et je joue avec ces poncifs superficiels pour déconner un peu.

Avec des champions véganes à la pelle comme Carl Lewis, Patrik Baboumian (champion du monde d'haltérophilie), Alan et Janette Murray (champions du monde de marathon avec 366 marathons quotidiens consécutifs en 366 jours à 66 et 64 ans) et tant d'autres, on voit bien que c'est un faux problème. Je pense que les femmes sont simplement plus ouvertes et soucieuses de la souffrance, c'est tout. Ça n'a rien à voir avec la mode, c'est une question de sortir de l'ignorance et rien d'autre. L'abolition de l'esclavage n'est pas une mode, c'est un progrès social. Et on n'arrête pas le progrès !

Laetitia :

Depuis janvier 2015, l'animal n'est plus un meuble. Il est enfin reconnu comme "un être vivant doué de sensibilité" (Article du Code civil 515-14). Donc oui, l'animal est sensible, l'animal ressent des émotions par rapport à son enveloppe corporelle (ce qui lui fait du bien ou ce qui lui fait du mal) mais pensez-vous qu'il ait une âme ?
L'animal n'est pas seulement un corps qui peut souffrir sous les comportements atroces des hommes, mais il est aussi "une âme" capable de sentiments tels que l'amour, la tendresse, la reconnaissance (et pas se
ulement celle du ventre )...

Bruno Blum :

Si la puissance intellectuelle des animaux est souvent inférieure celle de l'homo sapiens, elle est une réalité mais ce n'est pas la question. Vous avez raison de dire que les animaux souffrent, ça va de soi. C'est inacceptable et ignoble autant qu'inutile mais la vraie question de fond est effectivement que nous n'avons pas à considérer les animaux comme des utilitaires, des moyens de production, des substituts affectifs, des vêtements, des cobayes, des aliments.

Les animaux sont des personnes, ils souffrent physiquement et mentalement de l'abjection humaine. Je ne saurais proposer une définition de l'âme, mais le calvaire d'une truie vivant en cage toute sa vie appelle vraisemblablement à une forme de spiritualité pour le supporter. Les animaux ont autant le droit de vivre que nous, et de vivre libres. Leur place est dans la nature. Nous n'avons aucun droit sur eux, même si la raison du plus fort semble toujours être la meilleure.

Il y a cent cinquante ans les Africains noirs étaient considérés comme des animaux par la plupart des Européens, des Arabes et des Américains. Les mentalités changent plus vite qu'on ne croit : aujourd'hui le président des États-Unis est un Afro-américain, et bientôt une femme. À quand une femme noire ? Tout cela n'est qu'une question de point de vue, de progrès et de connaissance de la réalité. Nous ne sommes pas une race supérieure, nous ne descendons pas du singe : nous sommes des singes parmi les singes. L'écologie véritable commence par cette prise de conscience, vivre en harmonie avec soi-même, avec les animaux et avec l'univers commence par être végane. Être écologiste c'est être végane. C'est la meilleure manière de contribuer à un changement écologiste. Être écologiste c'est forcément être végane sinon c'est seulement une posture. C'est de l'hypocrisie pure et simple, ou encore de l'ignorance comme d'hab.

Les écologistes portent une lourde responsabilité dans le cataclysme en cours, car ils ont rarement osé mettre les pieds dans le plat en disant que l'écologie est forcément végane : ils ont peur d'être impopulaires en le faisant. Nous courons à l'autodestruction, pas besoin de prophétie pour ça, les faits parlent d'eux-mêmes. Les survivants sont ceux qui savent s'adapter. On n'a aucun besoin de consommer des animaux, changer c'est facile, les produits véganes sont excellents et très nombreux, il suffit de les chercher et on les trouve facilement. Le mouvement végane est tout sauf une mode, c'est une proposition de justice sociale indispensable pour la survie de l'humanité, donc ça devrait marcher ce truc ! C'est essentiel. C'est un projet de société moderne, ni plus ni moins. C'est l'incontournable étape vers la solution, et elle passe par un comportement éthique.

Que cette éthique soit le fruit d'une prise de conscience individuelle ou qu'elle soit imposée pour raison de force majeure, on ne coupera pas à une société végane. Je fais un tas de propositions qui vont dans ce sens dans mon bouquin "De Viandard à végane", et je le fais de façon facile à lire et à comprendre. Tout le monde me dit que c'est marrant à lire, ici je résume un peu alors forcément c'est moins détendu comme ton !

Laetitia :

A la lecture de votre livre, la France fait vraiment figure de ringarde par rapport aux autres pays dits "évolués", elle progresse tout doucement, trop doucement vers le végétarisme et le véganisme. Votre livre pourrait s'intituler aussi "De ringard à végane", non ?
Ou finalement, tout est question de gros sous et de politique : ne pas se mettre à dos les agriculteurs, ni les gros industriels qui nous vendent par tonnes la malbouffe. Par contre tant pis pour le trou de la sécu et les problèmes de santé publique, comme vous le dénoncez si bien avec un gros coup de gueule ! C'est incroyable cette histoire de pus dans le lait ! (page 250, on apprend que les vaches souffrent sous les trayeuses automatiques au point d'avoir des abcès et qu'un quota de pus dans le lait est admis par la loi). Alors la France ringarde ou assujetti au capitalisme ?

Bruno Blum :

Il n'y a pas que la France qui est en retard. Mais au moins ici les infos passent. Imaginez en Arabie Saoudite, au Kazakstan ou au Mexique… Il faut comprendre que l'agroalimentaire est la première industrie du monde et que si le monde devenait végane demain, cette industrie ne produirait qu'un dixième des plantes produites aujourd'hui puisqu'au moins 80% de ces plantes, de ces surfaces cultivées servent à nourrir des animaux d'élevage. Je connais plus d'un actionnaire de Nestlé ou de Monsanto qu'un monde végane défriserait… et je ne parle même pas du gaspillage d'eau : 15.000 litres d'eau pour un kilo de bœuf.
Sans oublier le gaspillage éthique. Quand on accepte ou tolère mollement la brutalité et le massacre de cinquante millions d'animaux par jour rien qu'en France, on a une éthique personnelle qui est à un niveau plutôt moyen-âgeux. Toute l'éthique personnelle est donc déstabilisée par cette démentielle hypocrisie. L'éthique est un tout. Tolstoï disait que tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. Ce qui est frappant chez les véganes que je rencontre, c'est cette noblesse qu'ils portent en eux, cet accomplissement de vivre de façon digne, cette conscience.

Laetitia :

Les consciences tardent à évoluer, nous vivons donc dans un pays où les gens ne se posent pas la question de savoir d'où vient ce qu'ils mangent ; ils préfèrent fermer les yeux. Le morceau de viande qui est dans leur assiette était un être vivant à l'origine, qui a sûrement été mal nourri, soigné avec des saloperies, et même torturé à l'abattoir ! Mais le consommateur ferme les yeux et préfèrent ne pas savoir, ça gâcherait le repas.
Au tout début de votre livre, vous évoquez ce déni, notamment lors de votre enfance, quand vous alliez en famille chez le boucher du coin. Rien n'a changé ? Les enfants sont-ils toujours pris pour des imbéciles ? La faute aux parent
s ? A l'éducation nationale ?
Impossible d'envisager une approche végétarienne à l'école ? Imaginons les réactions, sujet sensible malgré que nous soyons dans un pays laïc ! D'ailleurs, aux origines du végétarisme, n'y avait-il pas une religion, une secte ?

Bruno Blum :

La torture n'a pas seulement lieu dans les abattoirs mais dans les transports vers les abattoirs, plusieurs jours de camion ouverts (les abattoirs sont moins chers en Allemagne), sans chauffage, sans eau, sans nourriture pour des bébés vaches, des bébés moutons, des bébés et des adultes, c'est innommable et il n'y a pas moyen d'améliorer les conditions de production des animaux. Il n'y a qu'une réponse : passer végane comme Leonardo di Caprio, Natalie Portman ou moi-même !

Non manger autre chose que des animaux, et/ou la consommation très restreinte d'animaux a très longtemps été la norme pour des raisons évidentes : produire des animaux était coûteux et nécessite des terres en grande surface. Les Chrétiens cathares, les premiers Juifs, les Jaïnes d'Inde, les Bouddhistes, les Hindouistes etc. étaient/sont de cultures végétariennes, ce sont des traditions très anciennes. Au poncif "les hommes des cavernes ont toujours chassé" je réponds : ils mangeaient aussi les poux de leur famille. Moi je veux vivre au XXIe siècle, pas comme un homme préhistorique. Au Moyen-Âge le peuple ne chassait pas et les animaux d'élevage étaient réservés aux aristos. Manger les animaux c'est juste une question de force brutale et de culture.

Aujourd'hui la secte est à chercher dans les arcanes de l'industrie agroalimentaire qui désinforme le public, et construit ainsi une opinion publique consumériste avec laquelle les politiciens doivent compter. Mon job c'est d'informer, je fais de la résistance. Il n'y avait pas beaucoup de résistants en 1943 : aujourd'hui c'est un peu pareil mais ça bouge très vite. Je suis un rebelle, faites gaffe. Je dérange, mais pas encore assez. Actuellement le porte-parole en titre du gouvernement Hollande est le ministre de l'agriculture, c'est simple. Le ministère de l'agriculture est un état dans l'état.

L'industrie nous fait avaler des couleuvres. Comme tous les primates, l'homo sapiens est de physiologie frugivore par exemple. Ou ces histoires de protéines, de carences… il y a plein de protéines dans les plantes, renseignez-vous, on est à l'ère de l'info, lisez mon bouquin, pour vingt balles il va vous retourner la tête, et avec la manière. Vous trouvez que Venus Williams manque de protéines, vous ? En France on mange dix fois trop de protéines, voilà tout. Même les véganes ont tendance à en manger trop. Ces mythes urbains sont grotesques. La première cause de décès en France c'est les maladies cardio-vasculaire, et c'est la bidoche, pas seulement l'alcool et le tabac. Et le cancer ? Allez voir sur le site de l'ARC qui lutte contre le cancer, c'est marqué…

De toute façon si tant de gens sont malades c'est en bonne partie parce qu'ils sont victimes de la cruauté qu'ils infligent aux animaux. Donc d'une certaine manière ils l'ont cherché car l'info est dispo aujourd'hui. C'est leur karma. C'est le tarif.

J'ai envie d'ajouter "et c'est bien fait pour eux" mais je ne le fais pas car ces gens violents sont des victimes de la propagande de l'industrie. "De Viandard à végane" est une œuvre de bienfaisance en mode rock and roll, car je suis musicien et je raconte comment mon évolution s'est produite. La société est en train de muter, ne sois pas le dernier car comme disait Cocteau, "il n'y a pas de précurseurs, il n'y a que des retardataires".

Laetitia :

Les célébrités ont un rôle important dans la diffusion de l'idée végétarienne, vous citez Paul McCartney, Sting, David Bowie, Carl Lewis... mais en France, qui finalement pourrait donner l'exemple ? Récemment, Jeanne Mas en a parlé dans les médias, mais a-t-elle assez d'influence; tout comme Arielle Dombasles ? Dans les autres pays, les stars s'associent à des marques ou à des campagnes de sensibilisation, mais en France, qui à part vous et Aymeric Caron ? Vous ne vous sentez pas seul ?

Bruno Blum :

Aymeric est beaucoup plus connu que moi, il est invité dans les médias de masse, pas moi. Heureusement qu'il est là. Et on a Brigitte Gothière et Sébastien Arsac de L214, qui ont montré des images filmées dans des abattoirs. Moi j'attends que les médias m'invitent plus, Frédéric Taddéï m'a tout de même invité sur Europe, Noëlle Breham sur Inter, j'ai fait TV5 et "De Viandard à végane" a eu beaucoup de presse, c'est déjà très bien. J'aimerais un débat télévisé avec la FNSEA, avec Stéphane Le Foll, un type comme ça, croyez-moi ça ferait des étincelles ! Dechavanne m'avait invité dans "Ciel Mon Mardi" en 1995, ça avait bien chauffé, j'étais opposé au délégué national du syndicat des bouchers ! Il m'avait insulté ! Ha ! Ha ! Ha ! J'en parle dans mon livre !

Mais oui, la France est un pays qui a beaucoup de retard, et pas seulement dans ce domaine. En Allemagne, en Israël, en Angleterre ou dans les grandes villes américaines comme L.A., New York ou Miami tout le monde sait que Leonardo Di Caprio mène la danse végane. Les gens savent que Prince, Bob Dylan et des centaines d'autres célébrités étaient/sont dans le trip. Ici la plupart des gens ne savent même pas que Prince était végane. J'en ai parlé sur France 2 quand on m'a interviewé pour parler de lui après sa mort et ça a été coupé au montage malgré mes efforts. Pour Prince être végane faisait simplement partie de son ambition d'excellence, c'est un tout. C'est comme son refus que sa musique soit dispo sur YouTube, Deezer et compagnie, qui ne paient presque rien aux artistes, être végane c'est un acte moderne, contemporain, c'est comme les gens qui prenaient position contre l'esclavage ou la peine de mort quand c'était pas gagné, c'est du même ordre. Mais tout ça est en train de changer.

Laetitia :

Etre végétarien n'est pas pour autant signe de sainteté :
Bons nombres d'artistes (comme certains cités ci-dessus) sont aussi des drogués, aux troubles pensées et actions. Aucun végétarien n'abandonne son animal pendant les vacances ? Curieux le nombre impressionnant de s
ecte le mouvement végétarien.
Hitler était selon certaines rumeurs végétarien par obligation gastrique ! Selon d'autres, il se faisait injecté aussi de la taurine. On ne peut pas dire que son régime alimentaire l'est pacifié.
Curieuse cette sensiblerie envers les animaux souvent au détriment de l'être humain.

Bruno Blum :

Je ne sais pas ce que vous appelez une secte. Il y a quatre cent millions de végétariens en Inde, et excepté les bouddhistes tibétains, la plupart des véritables bouddhistes sont véganes car ils respectent la vie. Il n'y a rien de sectaire à refuser la violence. C'est quand même un comble que l'ultraviolence soit la norme alors que la refuser est le minimum de dignité. Le véganisme éthique n'a rien d'extrême. Ce qui est extrême, c'est d'encourager nos enfants à aimer les animaux tout en leur apprenant que ceux qu'ils aiment sont aussi ceux à qui nous pouvons faire du mal. Ça c'est vraiment extrême et très triste.

Cette histoire d'Hitler végétarien c'est comme vous dites "une certaine rumeur" qui prend sa source dans la propagande de Goebbels. Les mangeurs d'animaux utilisent cet argument Godwin parce qu'ils n'ont aucun argument sérieux. Le véganisme se répand en occident à toute vitesse, ce n'est pas un régime alimentaire, c'est un mouvement de libération en pleine expansion.

Hitler n'a jamais été végétarien. On a ses menus et les témoignages de son chef et de son entourage. Son médecin lui avait recommandé de réduire sa conso de chair animale, ce qu'il a fait de façon très limitée, et Goebbels a monté une campagne pour faire croire qu'il était végétarien car Hitler a basé sa com sur le pacifisme. Il suffit de lire ses discours pour le comprendre : il prétendait être l'agressé qui se défendait et non l'agresseur. Gandhi était populaire et Gandhi était végétarien. Goebbels a voulu projeter ce type d'image. Hitler avait une tendance végétarienne pour des raisons de santé mais il était loin de l'être. Ce mythe urbain est caractéristique de la récupération d'une cause juste par l'extrême-droite à des fins de com. De la même manière, aujourd'hui le FN se sert de l'image de Bardot pourfendeuse des tortionnaires d'animaux pour projeter une image de justiciers. Alors qu'en réalité le FN est évidemment un ramassis de mangeurs d'animaux qui soutient les éleveurs, les chasseurs, les agriculteurs etc. Il n'y a qu'à voir l'accueil fait à Le Pen à la foire de Paris. De nombreux témoignages attestent que Hitler mangeait du foie, des saucisses de Bavière et du pigeon farci, son plat préféré. Il faut lire la biographie de Hitler par Robert Payne, où tout cela est expliqué en détail, et le livre de Rynn Berry consacré à l'aliment. En plus de tous ses autres défauts, Hitler mentait sur son alimentation.

http://www.amazon.fr/Hitler-Neither-Vegetarian-Animal-Lover/dp/0962616966/ref=sr_1_14?s=english-books&ie=UTF8&qid=1434604729&sr=1-14&keywords=Rynn+Berry

Laetitia :

Vous citez Victor Hugo Page 183, "Les animaux ne courent aucun risque d'aller en enfer. Ils y sont déjà." Cette phrase est terrible, heureusement certaines associations oeuvrent pour les secourir, vous parler de L214 entre autres. Il y a aussi la Fondation 30 millions d'amis, la Spa... Leurs actions vous interpellent-elles ou êtes-vous concentrés essentiellement sur l'aspect alimentaire ?

Bruno Blum :

Bien sûr que non. Quand je dis que je suis un résistant c'est simplement parce que j'ai conscience du cataclysme éthique, écologique et pathologique que l'on vit. La démographie, le consumérisme sont des problèmes de notre siècle et il faut y faire face. Ne pas consommer d'animaux signifie refuser la torture du cuir, la torture de la fourrure, la torture des produits testés sur animaux, la torture de la pêche, la torture de la production de lait. Il faut sortir du Moyen-Âge, ça a assez duré. Les animaux ont le désir et le droit de vivre, tout comme nous. Nous n'avons aucun droit sur eux. On va les libérer maintenant.

Laetitia :

A la fin de votre livre, vous parlez du cancer et du bénéfice que l'on peut attendre d'une alimentation, végane, naturelle, crudivore pour le soigner et tenter de le vaincre. Vous avez bien conscience des réactions que vos commentaires peuvent soulever mais certaines médecins vont vers cette hypothèse, on entend parler depuis quelques temps du bénéfice du jeûne durant la chimiothérapie... bref, on avance. Pensez-vous que là aussi, il s'agisse d'histoire de sous, de lobbys pharmaceutiques, de leurs toutes puissances et tant pis pour les malades ?

Bruno Blum :

Évidemment. On nous empoisonne. Mais ça tout le monde le sait. Moi ce que j'ai à dire c'est qu'avec une alimentation bio et végane on règle 95% des problèmes. C'est délicieux, c'est facile, c'est juste une question de passer à l'acte. Commencez et après ça va tout seul.

Laetitia :

L'homme étant omnivore par nature, il est intellectuellement concevable de devenir végétarien, mais n'est-ce pas au détriment du fonctionnement de notre corps et plus particulièrement de notre cerveau ? Vous dîtes que vous avez les idées plus claires depuis que vous êtes végétarien, vraiment? Pas de manque ?

Bruno Blum :

L'homme n'est pas du tout omnivore par nature, c'est un mensonge perpétré par l'industrie. Nous sommes des frugivores. Darwin, Cuvier, Linné et Humboldt ont écrit que nous étions des végétariens, on le sait depuis des siècles. On essaye juste de nous vendre des produits qui nécessitent d'énormes surfaces cultivées parce que ça arrange l'industrie.

Les primates sont physiologiquement végétaliens. Les chimpanzés mangent des bananes et on n'a jamais vu de gorille manquer de muscles. Il faut arrêter. On a 99% de notre ADN en commun avec eux. Il peut arriver que certains primates consomment des animaux par opportunisme, mais ils ne sont pas physiologiquement préparés à ça.

Un régime végane crudivore (non cuit) est ce qu'il y a de mieux adapté à l'homme, et il y a des milliers de recettes crues démentes, de l'entrée au dessert. Quand je me fais une phase crue, mon cerveau fonctionne à double vitesse et c'est utile pour un écrivain, un artiste.

Tous ces poncifs sur l'homme prétendument omnivore sont complètement éculés et infondés.

Laetitia :

La santé en étant végétarien, crudivore... ? Mais un excès contraire ne risque-t-il pas de causer les mêmes maladies au regard des pesticides et autres produits chimiques régnants sur l'agro-alimentaire. Tout le monde n'a pas l'argent, le temps ni même la possibilité géographique d'acheter bio.

Bruno Blum :

Je préfère acheter bio que de m'empoisonner. Il y a quarante ans personne n'utilisait de pesticides.

Laetitia :

Et pour finir, je pense encore à un autre titre qui aurait pu convenir à votre livre : "Je pense, donc je suis végétarien." ( comme vous l'écrivez page 26)
Tant que l'homme ne pensera pas, qu'il ne s'interrogera pas, qu'il se voilera la face, il n'évoluera pas.
Gandhi a dit aussi : "On reconnaît le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite ses animaux"
On comprends en vous lisant (et à la vue, entre autres, des dernières enquêtes de l'association L214) que la France a encore beaucoup de chemin à faire vers un degré élevé de civilisation.
Plutôt qu'un constat, une prise de conscience : quelles actions ? quelles solutions ?

Bruno Blum :

La solution ? Vivre végane, en consommant peu. En ne confiant pas d'argent aux banques non-éthiques car elles l'investissent dans les trucs les plus polluants.

Il faut essayer d'être, pas d'avoir. C'est une question culturelle. La question est : est-ce qu'on veut vivre heureux ou non. C'est à la portée de presque tous.

Les prises de conscience se succèdent au fil de la vie mais la prise de conscience végane est la clé de toutes les autres. Tuer n'est pas acceptable. C'est la base. Le niveau zéro.

Laetitia :

Depuis la publication de votre livre, du nouveau, du concret s'est présenté à vous ?

Bruno Blum :

Les gens adorent mon livre.

P.S.
Q
uestion de Yann-Erick :

Vos initiales sont les mêmes que Brigitte Bardot, cela vous flatte ?

Bruno Blum :

Bardot a fait de grandes choses mais aujourd'hui elle n'est plus qu'une rabatteuse et un financement pour le parti fasciste français. Être associé à elle de près ou de loin c'est inacceptable maintenant. Il existe d'autres organisations bien mieux. Les militants de sa fondation ne savent pas qu'elle finance le FN via Thierry Châtillon, qui encaisse de l'argent pour leur com. Je me fous des initiales BB. Ce sont mes initiales, pas juste les siennes !

Plus d'Infos :

Le mercredi 10 mai à 12h30 Bruno Blum donnera une conférence de 40mn sur la musique expérimentale jamaïcaine dans le grand amphi X de l'Université de Paris 8 (métro St Denis Université) dans le cadre du colloque international "Musiques électriques, électricité et musique". Sa prestation sera illustrée par des extraits musicaux et suivie d'un symposium (déjeûner propice à la discussion). 
Une vingtaine de musicologues diplômés participeront à ce colloque en présence des étudiants de Paris 8. 
Entrée libre. 
 
Important:
 
Afin de pouvoir préparer les repas du midi (9 et 10 mai) et collation avant le concert du 9 mai,merci de bien vouloir renseigner le Doodle suivant en indiquant préalablement vos nom et prénom sur la page de connexion :
https://doodle.com/poll/k7w2c5tqrinnkhg8 
 
La révolution du dub, musique à la fois populaire et expérimentale
 
Héritage des méthodes de composition d'orchestres comme celui de Duke Ellington, le dub a permis à l'ingénieur du son King Tubby d'improviser des créations musicales avec un nouvel instrument, la table de mixage, et des effets de son qu'il construisait lui-même. Je propose une présentation musicale utilisant notamment des extraits d'œuvres de Varèse, Ellington, Schaeffer et Terry Riley dont le dub a réinventé quelques-uns des concepts pour en venir plus largement à l'invention du remix en tant que performance musicale improvisée en temps réel : le dub, une musique jamaïcaine qui a révolutionné les pratiques de composition modernes dès 1968. 
 
Plus encore que le chef d'orchestre dirigeant ses musiciens, Osbourne "King Tubby" Ruddock choisissait les parties enregistrées qu'il choisissait de garder et les modifiait radicalement lors de performances de mixages en direct, déconstruisant les rythmiques et les réassemblant à sa guise. Le dub, très influente musique expérimentale initialement testée dans ses soirées sound system, réunissait les atouts d'être une musique totalement expérimentale et  à la fois populaire, de réunir le corps et l'esprit, la sophistication technique et l'épuration esthétique. Comme notamment Schaeffer avant eux, les Jamaïcains utilisèrent très tôt des procédés de sampling. J'ajoute que le dub fut à l'origine du rap moderne enregistré et des techniques de remix utilisées depuis dans tous les styles de musique imaginables.
 
CV du conférencier
Bruno Blum est internationalement reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes de la musique jamaïcaine. Diplômé de Paris 8 (master avec mention en musique, musicologie, création et société), il dirige notamment la collection Caraïbes de Frémeaux & Associés pour laquelle il a reçu prix de l'Académie Charles Cros en 2013 - avec le triple CD documenté "Jamaica Folk, Trance, possession 1939-1961". Plusieurs de ses publications ont été coéditées par des musées nationaux dont le Quai Branly, le Centre Pompidou et le musée de la Musique. Également spécialiste de la culture rock et du punk rock en particulier, coauteur du Dictionnaire du rock avec Michka Assayas il a donné des conférences sur trois continents et publié une quinzaine de livres de dessins, photos et textes, et nombre d'autres rééditions de musique. Musicien, auteur, compositeur, guitariste et interprète il a enregistré également sur trois continents, notamment avec les musiciens de Fela, de Bob Marley, de Manu Dibango et remixé sept albums reggae et dub de Serge Gainsbourg parus chez Universal Music.
 

Images intégrées 1

- Frédéric Taddéï et Bruno Blum ont évoqué sur Europe 1 les musiques populaires américaines dans l'émission "Social Club" le lundi 26 septembre 2016.

- Un interview sur TV5 :

- Le 9 octobre 2016, Bruno Blum a joué au 104
(5 rue Curial, Paris 19ème) pour le Cabaret Végane.

- Ses productions/recherches sur la musique Vaudou :

- Bruno Blum n'est pas tout seul !
Après Aymeric Caron, Frédéric Lenoir suit le mouvement:

 

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Florinette 21/09/2016 10:04

J'ai commencé à diminuer ma consommation de viande après avoir vu un documentaire sur les abattoirs montrant la maltraitance qui y règne et le livre de Franck Olivier Giesbert (L'animal est une personne) a fini par me persuader d'arrêter complètement.

Avec mon mari, on pensait que ça allait être compliqué, mais pas du tout, car nous avons découvert dans les rayons Bio divers steaks de légumes.

En France, il y a aussi Gilles Lartigot qui explique la toxicité de ces nourritures y compris dans le lait, comme le Pr Joyeux qui a bien expliqué également que l'on y trouvait toutes sortes d'antibiotiques...

Merci Laetitia pour ce passionnant entretien et pour la découverte de ce livre !!

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